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Posté le 20/01/2010 - signaler un abus
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Chaque capitale a son quartier typique à offrir en pâture aux touristes, des ruelles où les tenanciers de bars se frottent les mains et les statues humaines viennent orner les trottoirs. À Buenos Aires, il s’agit de la Boca, barrio populaire transformé en carte postale colorée en 1959 par le peintre Benito Quinquela Martin.
C’est dans ce petit port que débarquent les premiers colons italiens et espagnols et que commence l’Histoire de la capitale Argentine. Quand Pedro de Mendoza arrive ici en 1536 et fonde Santa Maria de Buenos Aires, il ne se doute pas que l’endroit va devenir l’un des plus grands ports de tout le continent sud-américainset que des milliers d’immigrés vont le choisir comme destination pour réaliser leurs rêves. Autour du Riachuelo (la petite rivière), es dizaines de « Barracas », petites constructions de bois et de zinc, vont voir le jour pour accueillir les marins de passage, servir de hangar aux marchandises ou loger les esclaves venus d’Afrique. Les vagues d’immigrations vont s’y succéder faisant de la Boca le creuset où se forme au début du XXe siècle le prolétariat de Buenos Aires. Pour l’anecdote, les nombreux Génois qui y sont installés tentent, en 1882, de faire sécession pour fonder la République de la Boca, avant de voir leur audace écrasée par le président argentin Julio A. Roca.
Cette mentalité de rebelle reste pourtant inhérente au quartier. C’est ici qu’est élu le premier membre du Congrès argentin socialiste en 1935. C’est ici qu’en 2001, lors de la crise économique, les manifestations se font les plus violentes.
Quand le touriste descend de son car à l’entrée de la Vuelta de Rocha, on l’a prévenu qu’il met les pieds dans un des quartiers les plus pauvres de la capitale et qu’il doit faire bien attention à son appareil photo. Mais en fait, il ne verra rien de cette réalité et se cantonnera à arpenter les trois ruelles qui forment le cœur touristique de la Boca. Ces allées piétonnes autour du Caminito, voie ferrée tombée en désuétude dans les années 20 avant d’être réhabilitée par le peintre Benito Quinquela Martin, donnent l’occasion d’une promenade de quelques minutes entre maisons de métal aux couleurs vives et mini shows de tango.
C’est joli, c’est vrai, mais de la même façon que Montmartre a perdu son âme (les lilas sont morts et tout ça), la Boca offerte aux touristes semble faite de carton-pâte et sent l’arnaque à plein nez. Le meilleur exemple est de pénétrer dans les locaux du Boca Tango où les maisons du quartier qui ont été reproduites pour servir de décor au show qui s’y déroule chaque soir ne différent en rien de celles qui hébergent les boutiques et les bars du quartier. Prix prohibitifs, collections de cadeaux-souvenirs plus affreux les uns que les autres, danseuses de tango aux tenues affriolantes sur les genoux des messieurs, artistes peintres de l’enfer… Le tableau est vraiment difficile à vanter.
Il semble s’agir pourtant d’un passage obligé pour qui voudrait connaître les différents aspects de Buenos Aires. Alors tant qu’à y être, n’hésitez pas à faire toute la balade de la jetée jusqu’à l’Antiguo Puente Transbordador (d’où un ingénieux système de poulies permettait de faire traverser trains, marchandises, personnes et animaux d’une rive à l’autre entre 1914 et 1940). Puis revenez à pied au centre-ville, une longue marche qui vous fera passer par le fameux stade de la Boca, la Bombonera, dans lequel vous pourrez peut-être rentrer en parlementant avec les gardiens, et par le parc Lezama et son église russe orthodoxe avant d’arriver dans le Barrio San Telmo.
C’est dans ce petit port que débarquent les premiers colons italiens et espagnols et que commence l’Histoire de la capitale Argentine. Quand Pedro de Mendoza arrive ici en 1536 et fonde Santa Maria de Buenos Aires, il ne se doute pas que l’endroit va devenir l’un des plus grands ports de tout le continent sud-américainset que des milliers d’immigrés vont le choisir comme destination pour réaliser leurs rêves. Autour du Riachuelo (la petite rivière), es dizaines de « Barracas », petites constructions de bois et de zinc, vont voir le jour pour accueillir les marins de passage, servir de hangar aux marchandises ou loger les esclaves venus d’Afrique. Les vagues d’immigrations vont s’y succéder faisant de la Boca le creuset où se forme au début du XXe siècle le prolétariat de Buenos Aires. Pour l’anecdote, les nombreux Génois qui y sont installés tentent, en 1882, de faire sécession pour fonder la République de la Boca, avant de voir leur audace écrasée par le président argentin Julio A. Roca.
Cette mentalité de rebelle reste pourtant inhérente au quartier. C’est ici qu’est élu le premier membre du Congrès argentin socialiste en 1935. C’est ici qu’en 2001, lors de la crise économique, les manifestations se font les plus violentes.
Quand le touriste descend de son car à l’entrée de la Vuelta de Rocha, on l’a prévenu qu’il met les pieds dans un des quartiers les plus pauvres de la capitale et qu’il doit faire bien attention à son appareil photo. Mais en fait, il ne verra rien de cette réalité et se cantonnera à arpenter les trois ruelles qui forment le cœur touristique de la Boca. Ces allées piétonnes autour du Caminito, voie ferrée tombée en désuétude dans les années 20 avant d’être réhabilitée par le peintre Benito Quinquela Martin, donnent l’occasion d’une promenade de quelques minutes entre maisons de métal aux couleurs vives et mini shows de tango.
C’est joli, c’est vrai, mais de la même façon que Montmartre a perdu son âme (les lilas sont morts et tout ça), la Boca offerte aux touristes semble faite de carton-pâte et sent l’arnaque à plein nez. Le meilleur exemple est de pénétrer dans les locaux du Boca Tango où les maisons du quartier qui ont été reproduites pour servir de décor au show qui s’y déroule chaque soir ne différent en rien de celles qui hébergent les boutiques et les bars du quartier. Prix prohibitifs, collections de cadeaux-souvenirs plus affreux les uns que les autres, danseuses de tango aux tenues affriolantes sur les genoux des messieurs, artistes peintres de l’enfer… Le tableau est vraiment difficile à vanter.
Il semble s’agir pourtant d’un passage obligé pour qui voudrait connaître les différents aspects de Buenos Aires. Alors tant qu’à y être, n’hésitez pas à faire toute la balade de la jetée jusqu’à l’Antiguo Puente Transbordador (d’où un ingénieux système de poulies permettait de faire traverser trains, marchandises, personnes et animaux d’une rive à l’autre entre 1914 et 1940). Puis revenez à pied au centre-ville, une longue marche qui vous fera passer par le fameux stade de la Boca, la Bombonera, dans lequel vous pourrez peut-être rentrer en parlementant avec les gardiens, et par le parc Lezama et son église russe orthodoxe avant d’arriver dans le Barrio San Telmo.
Conseils pratiques
| Orientation | Bus 64, 86, 152, 168. Au sud du Parc Lezama et de Puerto Madero, le long du Riachuelo. |
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