
1531 Vues
Posté le 09/02/2010
signaler un abus
Posté le 09/02/2010
signaler un abus

Copyright © TripTeaser - Une des salles des "dots", droit d'entrée payé par les familles des jeunes filles
Dévotion ancestrale, christs sanguinolents, bijoux d’argent et parures décousues… Le Couvent carmélite de Santa Teresa, aujourd’hui transformé en musée, raconte l’histoire de ces jeunes filles de bonne famille renonçant au monde pour se consacrer à Dieu.
L’édifice, qui date du XVIIe siècle, fut créé, sous la direction de Mère Josefa de Jésus Maria, par un groupe de religieuses carmélites originaires de La Plata (Sucre aujourd’hui). La richesse de son intérieur provient principalement des dots que les demoiselles promises à cet avenir cloitré devaient apporter avec elles le jour de leur entrée au couvent. Considérée comme un privilège, cette mission incombait à toutes les secondes nées des familles les plus riches de la ville, qui savaient donc depuis leur naissance qu’à l’âge de leurs 15 ans, le monde s’effacerait à jamais derrière une lourde porte.
Le système de cloître, inhérent à cet ordre contemplatif, nécessitait toute une organisation pour que les sœurs puissent vivre en complète autarcie, organisation dont la visite du couvent permet de découvrir toutes les ficelles.
Dès la première salle, le ton est donné par notre accompagnatrice qui connaît à merveille son sujet. Nous voilà dans la pièce où les parents venaient rendre visite à leur enfant. Deux fenêtres grillagées en guise de parloir. La première date d’avant la réforme du concile de Vatican II, elle est recouverte d’un épais rideau qui n’offrait aux familles aucune possibilité de se toucher ni de se voir. Si les visiteurs venaient avec un cadeau, ils devaient le déposer dans une longue cuillère de bois que la demoiselle tenait dans son dos au travers d’une petite ouverture. Au début des années 60, on a donc sympathiquement retiré le rideau de la seconde fenêtre pour permettre aux proches de pouvoir s’effleurer et se voir à travers les grillages.
On arrive ensuite dans la salle où les adieux avaient lieux. Richement parées en l’honneur de leur noce avec Dieu, les jeunes filles embrassaient une dernière fois leurs parents et entraient au couvent pour ne jamais en ressortir. On leur coupait alors les cheveux (qui ornent encore aujourd’hui les statues de la vierge, et le menton de certains christs, décorant le couvent) et elles revêtaient cet habit noir dont elles ne départissaient plus. Leurs belles robes étaient ensuite mises en pièce pour fabriquer les chasubles et autres vêtements de cérémonie des prêtres ainsi que de petits habits destinés aux statues de pierre et de bois que l’on changeait chaque semaine.
On apprend ensuite de quoi était fait le quotidien des sœurs : prières et contemplation, bien sûr, pour laisser à Dieu le temps de parler à leur âme, mais aussi toutes ses petites tâches quotidiennes qui permettaient de faire vivre le couvent. Les sœurs fabriquaient les hosties pour toutes les églises de la région (très beaux appareils d’époque en exposition) et confectionnaient de petites pâtisseries que l’on vendait aux passants se fendant d’un « Ave Maria purisima » devant le guichet rotatif donnant sur la rue. En répondant « Sin pecado concebida », la sœur chargée de la vente faisait pivoter le guichet pour récupérer sa monnaie et passer les achats du côté du réel, le tout donc toujours sans se toucher ni se voir. On vendait également des potions (fabriquées avec les herbes du jardin du cloitre), des confitures (est toujours là le pommier plusieurs fois centenaire qui les approvisionnait en fruits) et de petits ouvrages de mercerie.
Les sœurs servaient également à la messe, mais toujours de façon invisible. Depuis l’étage derrière un grillage de bois recouvert d’épaisses tentures, elles faisaient résonner leurs chants dans l’église avant de descendre et de recevoir la bénédiction du prêtre à travers une petite ouverture donnant sur le chœur. Pour adorer le saint-sacrement, elles devaient attendre le départ de tous les fidèles pour remonter à l’étage et pouvoir entrouvrir à peine le rideau. De même, les confessionnaux réservés aux sœurs donnaient sur une pièce du couvent, ce qui leur permettait de rester sagement à l’écart. Toutes les situations étaient prévues, même pour les sœurs malades qui se trouvaient à l’infirmerie où ces ingénieux systèmes avaient été dupliqués.
Une reproduction de chambre des plus spartiates (pas de matelas sur le sommier), plusieurs autres pièces servant de retraite histoire de se retrouver vraiment vraiment seules, des cilices et des fouets pour accomplir pénitence… La dure vie des religieuses d’avant la réforme se dessine devant nous…
Nous découvrons également les richesses que le monastère a su préserver du monde extérieur. Outre les multiples services de porcelaine issus de tous les continents, le couvent possède quelques très belles pièces de l’art de l’époque en matière de sculpture et de peinture. Des dizaines de crucifix ornent les murs, le christ représenté à chaque fois un peu plus sanguinolent (la souffrance d’un peuple qui s’exprime). Chaque pièce à sa Notre-Dame-des-douleurs enserrée dans des carcans de cèdres recouverts de feuilles d’or. Les tableaux sont également très nombreux que ce soit dans la chapelle ruisselante d’or ou dans le reste du couvent. On notera, dans la salle à manger par exemple, que les méchants Romains sont souvent peints sous les traits des conquistadors, à moins que vous ne vous laissiez troubler par le crâne humain trônant sur la table principale.
C’est d’ailleurs le seul ossement que vous verrez, car si les tombes des sœurs (individuelles ou caveau collectif) ont été vidées, le cercueil renfermant la dépouille (encore intacte parait-il) de la fondatrice du couvent restera bien évidemment fermé.
L’édifice, qui date du XVIIe siècle, fut créé, sous la direction de Mère Josefa de Jésus Maria, par un groupe de religieuses carmélites originaires de La Plata (Sucre aujourd’hui). La richesse de son intérieur provient principalement des dots que les demoiselles promises à cet avenir cloitré devaient apporter avec elles le jour de leur entrée au couvent. Considérée comme un privilège, cette mission incombait à toutes les secondes nées des familles les plus riches de la ville, qui savaient donc depuis leur naissance qu’à l’âge de leurs 15 ans, le monde s’effacerait à jamais derrière une lourde porte.
Le système de cloître, inhérent à cet ordre contemplatif, nécessitait toute une organisation pour que les sœurs puissent vivre en complète autarcie, organisation dont la visite du couvent permet de découvrir toutes les ficelles.
Dès la première salle, le ton est donné par notre accompagnatrice qui connaît à merveille son sujet. Nous voilà dans la pièce où les parents venaient rendre visite à leur enfant. Deux fenêtres grillagées en guise de parloir. La première date d’avant la réforme du concile de Vatican II, elle est recouverte d’un épais rideau qui n’offrait aux familles aucune possibilité de se toucher ni de se voir. Si les visiteurs venaient avec un cadeau, ils devaient le déposer dans une longue cuillère de bois que la demoiselle tenait dans son dos au travers d’une petite ouverture. Au début des années 60, on a donc sympathiquement retiré le rideau de la seconde fenêtre pour permettre aux proches de pouvoir s’effleurer et se voir à travers les grillages.
On arrive ensuite dans la salle où les adieux avaient lieux. Richement parées en l’honneur de leur noce avec Dieu, les jeunes filles embrassaient une dernière fois leurs parents et entraient au couvent pour ne jamais en ressortir. On leur coupait alors les cheveux (qui ornent encore aujourd’hui les statues de la vierge, et le menton de certains christs, décorant le couvent) et elles revêtaient cet habit noir dont elles ne départissaient plus. Leurs belles robes étaient ensuite mises en pièce pour fabriquer les chasubles et autres vêtements de cérémonie des prêtres ainsi que de petits habits destinés aux statues de pierre et de bois que l’on changeait chaque semaine.
On apprend ensuite de quoi était fait le quotidien des sœurs : prières et contemplation, bien sûr, pour laisser à Dieu le temps de parler à leur âme, mais aussi toutes ses petites tâches quotidiennes qui permettaient de faire vivre le couvent. Les sœurs fabriquaient les hosties pour toutes les églises de la région (très beaux appareils d’époque en exposition) et confectionnaient de petites pâtisseries que l’on vendait aux passants se fendant d’un « Ave Maria purisima » devant le guichet rotatif donnant sur la rue. En répondant « Sin pecado concebida », la sœur chargée de la vente faisait pivoter le guichet pour récupérer sa monnaie et passer les achats du côté du réel, le tout donc toujours sans se toucher ni se voir. On vendait également des potions (fabriquées avec les herbes du jardin du cloitre), des confitures (est toujours là le pommier plusieurs fois centenaire qui les approvisionnait en fruits) et de petits ouvrages de mercerie.
Les sœurs servaient également à la messe, mais toujours de façon invisible. Depuis l’étage derrière un grillage de bois recouvert d’épaisses tentures, elles faisaient résonner leurs chants dans l’église avant de descendre et de recevoir la bénédiction du prêtre à travers une petite ouverture donnant sur le chœur. Pour adorer le saint-sacrement, elles devaient attendre le départ de tous les fidèles pour remonter à l’étage et pouvoir entrouvrir à peine le rideau. De même, les confessionnaux réservés aux sœurs donnaient sur une pièce du couvent, ce qui leur permettait de rester sagement à l’écart. Toutes les situations étaient prévues, même pour les sœurs malades qui se trouvaient à l’infirmerie où ces ingénieux systèmes avaient été dupliqués.
Une reproduction de chambre des plus spartiates (pas de matelas sur le sommier), plusieurs autres pièces servant de retraite histoire de se retrouver vraiment vraiment seules, des cilices et des fouets pour accomplir pénitence… La dure vie des religieuses d’avant la réforme se dessine devant nous…
Nous découvrons également les richesses que le monastère a su préserver du monde extérieur. Outre les multiples services de porcelaine issus de tous les continents, le couvent possède quelques très belles pièces de l’art de l’époque en matière de sculpture et de peinture. Des dizaines de crucifix ornent les murs, le christ représenté à chaque fois un peu plus sanguinolent (la souffrance d’un peuple qui s’exprime). Chaque pièce à sa Notre-Dame-des-douleurs enserrée dans des carcans de cèdres recouverts de feuilles d’or. Les tableaux sont également très nombreux que ce soit dans la chapelle ruisselante d’or ou dans le reste du couvent. On notera, dans la salle à manger par exemple, que les méchants Romains sont souvent peints sous les traits des conquistadors, à moins que vous ne vous laissiez troubler par le crâne humain trônant sur la table principale.
C’est d’ailleurs le seul ossement que vous verrez, car si les tombes des sœurs (individuelles ou caveau collectif) ont été vidées, le cercueil renfermant la dépouille (encore intacte parait-il) de la fondatrice du couvent restera bien évidemment fermé.
Conseils pratiques
| Orientation | A l’angle de Santa Teresa et de Ayacucho. Descendez à droite, en sortant de la casa de la Moneda. Visite guidée obligatoire. |
| Equipement | Un pull (il fait froid dans le couvent). |
| Budget | 2 euros l’entrée + 1 euro pour pouvoir prendre des photos (20Bs+10Bs) |
| Autres | Ouvert tous les jours de la semaine de 9 h à 12h et de 14 h à 18h. En fin de visite, possibilité de déguster les pâtisseries confectionnées par les sœurs. |
Vos Avis
Reportages associés
En ce moment sur TripTeaser.fr
Posté par
TripTeaser
363 reportages -
10 itinéraires
Votre voyage au meilleur prix







Voulez-vous ajouter un commentaire?