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AMÉRIQUE DU SUD - CHILI - VILLA O'HIGGINS

La Route Australe du Chili

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Posté le 24/11/2009
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Le Cerro Castillo
Copyright © Tetealenvers - Le Cerro Castillo
Une expérience sauvage et authentique aux multiples imprévus : parcourir la Route Austral à la rencontre de Chiliens vivant de manière simple au milieu d’une nature rude mais splendide…quand elle veut bien se laisser admirer ! La Route Australe est une route de graviers enclavée entre mer et montagnes descendant plein sud à travers la Cordillère des Andes côté chilien, dans une région sauvage et colonisée depuis peu. Elle se termine 1300km plus bas à Villa O’Higgins. C’est réellement le bout de la route car on trouve ensuite le Campo de Hielo Sur, immense champ de glace infranchissable.


Ces 3 semaines à parcourir cette route vont nous apprendre la patience et aussi... la frustration! Avant même de la rejoindre, on apprend l'éruption récente d'un volcan qui a rayé de la carte le village servant de point de passage, Chaiten. On ne peut plus la rejoindre ni en bus ni en bateau. A pied non plus, le parc qu'il faut traverser étant fermé pour 2 ans à cause de l'éruption. Il ne reste que l'avion, heureusement peu cher, qui nous emmène plus au sud à Coyhaique, seule ville importante de la route. On a de la chance car il fait beau pendant le vol, nous laissant observer le volcan qui crache encore de la cendre et surtout admirer, à perte de vue, les montagnes de la cordillère remplies de neige et de glaciers qui bordent la cote Pacifique déchiquetée et ses milliers d'ilots. On commence seulement à prendre conscience de l'immensité sauvage de la Patagonie, difficile à appréhender avant de l'avoir vue.

On commence par une rando de 4 jours dans le massif du Cerro Castillo sans avoir pu dénicher de carte... Pas de souci, il parait que le chemin est marqué. On a même pris en photo un croquis schématisé de la rando ! En tous cas il ne faut pas compter sur l'aide locale, on ne verra personne de toute la rando. Ce qu'on n'avait pas prévu, c'est qu'il y aurait autant de neige et que la plupart des marques seraient au sol sous la neige ! Du coup on se trompe de vallée dès le deuxième jour. On en bave quelques heures à s’enfoncer dans une neige molle au fond d'un vallon entouré de parois desquelles tombent successivement pierres et avalanches.


Tout ca pour déboucher sur un glacier trop gros pour être traversé sans équipement. Le temps se gâtant, on décide de revenir au point de départ dès le troisième jour sans avoir terminé la rando. Arrivés à la route, on a peur de devoir attendre des heures ou même de devoir dormir la, car il ne passe pas grand monde, pour ne pas dire personne. Mais coup de chance, rapidement on est pris en stop par un camion-benne pour quelques heures de route.


On ne traverse qu'un village de 500 habitants, sinon il n'y a rien, que cette route au milieu des montagnes et des forêts. Le sentiment de parcourir des régions isolées et peu explorées se ressent très vite. Arrêt au village suivant, Puerto Tranquilo, qui porte bien son nom. Notre objectif est d'aller dans la vallée Exploradores, de rejoindre la mer et, de la, prendre une barque jusqu'à la laguna San Rafael et son glacier bleu qui s’y jette. Ce qui nous permettra d'éviter les bateaux qui y vont depuis des endroit plus classiques pour des prix indécents. Mais, renseignements pris, on apprend que la route menant jusqu'à la mer indiquée sur notre carte, c'est juste le projet : ça fait à peine 8 ans qu’elle est en construction. Et que ce qu'on prenait pour un village sur la côte avec peut-être des barques et des pêcheurs n'est en réalité qu'une plage avec… rien. Qu'à cela ne tienne, on ira à pied ! On doit passer le WE à Puerto Tranquilo et attendre lundi qu'il y ait peut être des ouvriers construisant la route qui nous prennent en stop. On apprend à cette occasion ce que signifie l'expression "il n'y a rien à faire". Ah si, quand même une petite excursion en bateau sur le lac (le 2ème plus grand d’Amérique du Sud) pour voir des formations de marbre étrangement sculptées par l'eau.


Sinon rien, alors on fait des crêpes!
Le lundi, pas de voitures sur la route, alors on marche avec nos gros sacs. Après « seulement » 20 km de marche, une voiture passe et nous prend. Il s’agit d’un curé qui passe de village en village pour informer la population d'un projet de barrages hydroélectriques en Patagonie, risquant d’engloutir des vallées entières et de voir fleurir des lignes haute tension. La mobilisation contre ce projet est d'ailleurs impressionnante. Impossible de ne pas voir partout, même dans les coins les plus paumés, ces affiches : " Patagonia sin represas".
On se refugie dans la seule auberge de toute la vallée Exploradores, tenue par un couple d’Allemands ayant tout quitté pour construire leur bonheur ici, "into the wild" !
A vouloir se balader alentour, on réalise rapidement que les pluies abondantes de la région créent partout une forêt impénétrable, d’autant plus qu'il n'y a aucun sentier.


On se résout donc à abandonner notre projet de rejoindre la lagune San Rafael par nous mêmes. On se contente d’aller marcher sur un glacier plus proche, le Glaciar Exploradores, joli quand même. Et au moins ici, aucun risque de croiser un autre touriste !


On part encore plus au sud, il n'y a plus beaucoup de villages et la route n'est arrivée qu'il y a 10 ans. On gagne Tortel, pittoresque petit village au bord de la mer dont les maisons sont reliées par des passerelles en bois. L’endroit est envoûtant et légèrement inquiétant avec ses montagnes plongeant dans les multiples bras de mer, tantôt bleu turquoise tantôt noire, avec les nuages sombres rasant le sol, avec l’humidité insistante…


Notre tentative d'aller voir un autre glacier plongeant dans la mer se solde à nouveau par un échec car, à cette époque, il n'y a pas assez de touristes pour partager la location d'un bateau de pécheur. On quitte alors Tortel pour Villa O'Higgins. On a de la chance, on est pris en stop successivement par 2 voitures sur ces routes où il ne passe pas grand monde. Le conducteur conduit vite pour attraper le dernier bac qui permet de relier la route se poursuivant après le bras de mer. Trop peut-être car on crève. Réparation éclair mais on arrive trop tard, le bac s'éloigne déjà sur le bras de mer. On se protège de la pluie sous un hangar désaffecté et on fait du feu, prêts à passer la nuit là. Nos 2 sympathiques chauffeurs préparent un énorme morceau de viande à la méthode argentine, c’est-à-dire écartelée sur 2 morceaux de bois disposés en croix et exposée au dessus du foyer pour une cuisson lente assurant une saveur tendre à la viande.


Mais surprise, voilà le bac qui revient et nous emmène. On rejoint la hutte du chauffeur où on finit de cuire la viande... au bouillon ! Dommage… A la fin du repas, on entend une voiture, pas possible ! On court après pour l'arrêter et nous voilà partis pour Villa O'Higgins. Le stop est vraiment un plaisir ici où la plupart n’ont pas de voiture et où l’entraide est systématique. Il s'agit cette fois d'un sénateur et d'un député qui parcourent les villages avant les élections municipales de dimanche prochain et ont eu leur bac rien que pour eux. Ce n'est pas tous les jours qu'on se fait prendre en stop par un sénateur ! On arrive donc au bout de la route. Cette fois, plus moyen de continuer, sauf à gagner à pied El Chalten et le Fitz Roy en Argentine, ce que nous souhaitons faire. Mais nouvelle déception, on apprend sur place que la frontière est fermée encore pour 10 jours. Renseignements pris chez les carabineros, pas moyen de le tenter malgré tout et de faire tamponner les passeports plus tard. Une mauvaise expérience en Argentine nous a enseigné à ne pas essayer de feinter les douaniers. On décide donc de se balader quelques jours dans les environs sous une météo toujours capricieuse. Mais toujours avec cette ambiance (et réalité !) de village du bout du monde.


Au final, 3 semaines à la découverte d’un Chili profond et plus authentique qu’à San Pedro de Atacama, où la réalité d’une nature vierge et sauvage prend tout son sens. Ici, c’est l’homme qui s’adapte à son environnement et pas l’inverse. Et l’occasion de découvrir la gentillesse et l’accueil chaleureux des Chiliens, dont ce n’est pourtant pas, à tort, la réputation.


Pratique
- Parc Pumalin www.parquepumalin.cl
- Rando de Cerro Castillo : 3-4 jours de marche, niveau modéré. Prendre une carte à Coyhaique. La vue sur le Cerro Castillo est splendide.

Période : la période « touristique » ne débute qu’à partir de novembre. A préférer pour pouvoir faire des activités et réaliser le trek de Villa O’Higgins à El Chalten. Septembre et octobre sont en revanche des mois très calmes en termes de tourisme. Rencontres authentiques et solitude assurées.

Pour gagner la Route Australe :
- Par la route ou bien à pied depuis le nord en traversant le Parc Pumalin (se renseigner sur la date de sa réouverture après l’éruption du volcan Chaiten).
- A pied depuis El Chalten en Argentine.
- En bateau depuis Puerto Montt
- En avion depuis Puerto Montt jusqu’à Coyhaique.


Conseils pratiques

Orientation Pas de souci, il n'y a quasiment qu'une seule route qui file plein sud !
Equipement Equipement contre la pluie. Tente et réchaud bienvenus car on ne sait jamais trop où on passera la nuit.
Budget Nuits chez l'habitant bon marché, tout ce qui doit être apporté, notamment la nourriture, est plus c

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Tetealenvers
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