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Posté le 07/01/2010
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Le Villarrica est un des volcans les plus actifs du Chili et fait partie des trois plus grands stratovolcans de la chaîne andine. Si sa dernière grande éruption date de 1971, il continue de cracher chaque jour lave, cendres et fumée.
Malgré tout cela, son ascension est une des attractions favorites des voyageurs qui passent dans la région des lacs et nous avons sauté sur cette occasion d’aller faire une petite cure de soufre et de souffrances.
Pour peu que vous soyez arrivés suffisamment tôt la veille à Pucon, vous aurez probablement rencontré les quelques warriors qui sont déjà allés là-haut et qui ne sont pas encore au lit à rêver de leurs courbatures et vous saurez que l’ascension n’est vraiment pas une partie de rigolade, qu’il faut prendre beaucoup d’eau, prier pour que la météo soit clémente, penser à emporter du chocolat ou des trucs énergétiques, et prendre le télésiège pour commencer.
Sur ce, bonne nuit les petits.
Le jour J, il faut se lever à l’aube pour éviter de se retrouver en plein cagnard en pleine montée (et sinon aussi la neige elle est trop molle). Les agences fixent rendez-vous à tous les apprentis montagnards un peu avant 7 h du matin, histoire d’avoir le temps de se changer (on vous prête combi, chaussures, sac à dos, piolet et crampons) et d’être sur la route le plus tôt possible.
Arrivés au pied du volcan, tous les guides font le même topo à leur petite troupe : « Attention, ici le temps change vite, vous voyez ces trois/ ces quinze/ ces milliers de petits nuages, cela peut grandement nuire à notre randonnée. Sachez qu’une fois le pied sur la pente, je serai le seul maitre à bord à pouvoir décider si le temps permet de continuer ou non. Sachez que cela peut arriver à 30 mètres du cratère. Sachez que si je décide que nous devons rebrousser chemin (même au bout de 5 minutes de marche), vous ne serez pas remboursés. Sachez que si vous préférez renoncer tout de suite, on vous facturera tout de même le transport.»
Si vous décidez malgré tout de risquer votre chance, voilà ce qu’il vous attend :
Depuis le poste de la CONAF on peut prendre un télésiège qui permet de s’éviter une première partie assez pénible (en gros, une montée horrible et boueuse avec le soleil pile poil en face), ça coute 5000 pesos, mais mieux vaut économiser ces forces pour avoir une chance d’arriver au sommet. Dans notre cas, comme on était dimanche, cette possibilité n’était pas de mise, on s’est donc fait cette première demi-heure (ces premiers trois quarts d'heure ?) avec tout l’entrain matinal dont nous étions capables.
Première petite pause dans la chapelle en haut du télésiège, le temps d’une banane et d’une gorgée d’eau et il faut déjà repartir, les guides ont un timing à respecter.
Viennent ensuite trois bonnes heures de marche en zigzag dans la neige. La pente est forte, la neige craque sous les pas (mais n’est pas assez dure pour mettre les crampons, on les aura portés pour rien), le piolet sert de bâton de randonnée (j’en veux un deuxième s’il vous plait), et les respirations se font entendre.
Le groupe impose un rythme qui donne de la volonté à tous ceux qui se sentent faiblir. Les pauses sont décidément beaucoup trop courtes (impossible de manger le quart de son pique-nique). Les combis des autres équipées forment des ribambelles colorées sur la neige qui donnent le tournis. On peut faire une pause, s’il vous plait ?
Nous abordons la dernière étape où la pente se casse pour mieux repartir quand les nuages se mêlent à la fumée qui sort du cratère pour limiter notre visibilité, mais nous poursuivons jusqu’au sommet tout de même. Une fois à 2847 mètres, ce n’est pas le manque d’air qui se fait ressentir, mais bien le trop de soufre. Chaque respiration fait tousser. On s’approche en suffoquant, mais impossible de voir la lave bouillonner tout au fond, il y a trop de fumée.
Nous redescendons assez rapidement pour repasser sous les nuages, et la récompense est là : le panorama que nous offre l’altitude est exceptionnel. Nous admirons la vue sur les sommets andins du Chili et de l’Argentine le temps de reprendre notre souffle et c’est parti pour la deuxième récompense : une séance de bobsleigh sans bobsleigh !
Quand il y a de la neige (en hiver donc), certains descendent à ski (il faut penser à les louer en bas et avoir la force de se les trimballer pendant toute l’ascension – mieux vaut des patinettes), d’autres à pied (les fous !), et nous sur les fesses : la grande classe !
Dans tout le barda que nous portons depuis le début, se trouve une espèce de couche-culotte plus ou moins étanche qu’il suffit d’enfiler pour se laisser glisser le long des « toboggans » créés pour l’occasion.
Nous avions l’impression d’avoir pris 20 ans à la fin de la grimpette, nous les perdons immédiatement (voire plus encore) et c’est parti pour une bonne demi-heure de luge dont cet extrait à découvrir en vidéo :
Bien sûr, on finit trempés. Bien sûr ensuite il faut encore se taper la boue pour arriver jusqu’à la station de ski où le camion nous attend. Mais tout le monde repart heureux comme un enfant et fier comme un grand : on a souffert, mais quand même, on l’a monté ce sommet !!
De retour au village (vers 15 h), le guide (qu'on a quand même détesté pendant une bonne partie de la journée) paie sa bière pour fêter ça.
Malgré tout cela, son ascension est une des attractions favorites des voyageurs qui passent dans la région des lacs et nous avons sauté sur cette occasion d’aller faire une petite cure de soufre et de souffrances.
Pour peu que vous soyez arrivés suffisamment tôt la veille à Pucon, vous aurez probablement rencontré les quelques warriors qui sont déjà allés là-haut et qui ne sont pas encore au lit à rêver de leurs courbatures et vous saurez que l’ascension n’est vraiment pas une partie de rigolade, qu’il faut prendre beaucoup d’eau, prier pour que la météo soit clémente, penser à emporter du chocolat ou des trucs énergétiques, et prendre le télésiège pour commencer.
Sur ce, bonne nuit les petits.
Le jour J, il faut se lever à l’aube pour éviter de se retrouver en plein cagnard en pleine montée (et sinon aussi la neige elle est trop molle). Les agences fixent rendez-vous à tous les apprentis montagnards un peu avant 7 h du matin, histoire d’avoir le temps de se changer (on vous prête combi, chaussures, sac à dos, piolet et crampons) et d’être sur la route le plus tôt possible.
Arrivés au pied du volcan, tous les guides font le même topo à leur petite troupe : « Attention, ici le temps change vite, vous voyez ces trois/ ces quinze/ ces milliers de petits nuages, cela peut grandement nuire à notre randonnée. Sachez qu’une fois le pied sur la pente, je serai le seul maitre à bord à pouvoir décider si le temps permet de continuer ou non. Sachez que cela peut arriver à 30 mètres du cratère. Sachez que si je décide que nous devons rebrousser chemin (même au bout de 5 minutes de marche), vous ne serez pas remboursés. Sachez que si vous préférez renoncer tout de suite, on vous facturera tout de même le transport.»
Si vous décidez malgré tout de risquer votre chance, voilà ce qu’il vous attend :
Depuis le poste de la CONAF on peut prendre un télésiège qui permet de s’éviter une première partie assez pénible (en gros, une montée horrible et boueuse avec le soleil pile poil en face), ça coute 5000 pesos, mais mieux vaut économiser ces forces pour avoir une chance d’arriver au sommet. Dans notre cas, comme on était dimanche, cette possibilité n’était pas de mise, on s’est donc fait cette première demi-heure (ces premiers trois quarts d'heure ?) avec tout l’entrain matinal dont nous étions capables.
Première petite pause dans la chapelle en haut du télésiège, le temps d’une banane et d’une gorgée d’eau et il faut déjà repartir, les guides ont un timing à respecter.
Viennent ensuite trois bonnes heures de marche en zigzag dans la neige. La pente est forte, la neige craque sous les pas (mais n’est pas assez dure pour mettre les crampons, on les aura portés pour rien), le piolet sert de bâton de randonnée (j’en veux un deuxième s’il vous plait), et les respirations se font entendre.
Le groupe impose un rythme qui donne de la volonté à tous ceux qui se sentent faiblir. Les pauses sont décidément beaucoup trop courtes (impossible de manger le quart de son pique-nique). Les combis des autres équipées forment des ribambelles colorées sur la neige qui donnent le tournis. On peut faire une pause, s’il vous plait ?
Nous abordons la dernière étape où la pente se casse pour mieux repartir quand les nuages se mêlent à la fumée qui sort du cratère pour limiter notre visibilité, mais nous poursuivons jusqu’au sommet tout de même. Une fois à 2847 mètres, ce n’est pas le manque d’air qui se fait ressentir, mais bien le trop de soufre. Chaque respiration fait tousser. On s’approche en suffoquant, mais impossible de voir la lave bouillonner tout au fond, il y a trop de fumée.
Nous redescendons assez rapidement pour repasser sous les nuages, et la récompense est là : le panorama que nous offre l’altitude est exceptionnel. Nous admirons la vue sur les sommets andins du Chili et de l’Argentine le temps de reprendre notre souffle et c’est parti pour la deuxième récompense : une séance de bobsleigh sans bobsleigh !
Quand il y a de la neige (en hiver donc), certains descendent à ski (il faut penser à les louer en bas et avoir la force de se les trimballer pendant toute l’ascension – mieux vaut des patinettes), d’autres à pied (les fous !), et nous sur les fesses : la grande classe !
Dans tout le barda que nous portons depuis le début, se trouve une espèce de couche-culotte plus ou moins étanche qu’il suffit d’enfiler pour se laisser glisser le long des « toboggans » créés pour l’occasion.
Nous avions l’impression d’avoir pris 20 ans à la fin de la grimpette, nous les perdons immédiatement (voire plus encore) et c’est parti pour une bonne demi-heure de luge dont cet extrait à découvrir en vidéo :
Bien sûr, on finit trempés. Bien sûr ensuite il faut encore se taper la boue pour arriver jusqu’à la station de ski où le camion nous attend. Mais tout le monde repart heureux comme un enfant et fier comme un grand : on a souffert, mais quand même, on l’a monté ce sommet !!
De retour au village (vers 15 h), le guide (qu'on a quand même détesté pendant une bonne partie de la journée) paie sa bière pour fêter ça.
Conseils pratiques
| Orientation | À 8 km de Pucon, on suit le sendero El Volcan depuis Rucapillan pendant 4 h pour arriver au sommet. |
| Equipement | Les agences fournissent tout le matériel nécessaire (mêmes les guêtres et les gants), prenez une grande bouteille d’eau et de quoi grignoter. |
| Budget | 40 euros l’ascension avec un guide pour 5 à 9 personnes. Entrée du parc (5 euros) comprise. |
| Autres | Toutes les agences se trouvent sur O’Higgins à Pucon. |
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