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Posté le 26/04/2010
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Avec plus de 34 000 objets en or et en tombac (alliage de cuivre et de zinc), le Museo del Oro à Bogota abrite la plus importante collection d’orfèvrerie pré-hispanique du monde, une exposition qui invite à découvrir cette culture au travers de leur utilisation du métal.
Rénové en 2004, le musée bénéficie d’une excellente scénographie qui permet au fur et à mesure des étages de découvrir les différents rôles de l’or au sein de la société de l’époque tout en mettant magnifiquement l’accent sur les plus belles pièces de la collection.
Métaphore de la transformation de ce métal – l’extraire de la terre, le travailler, l’utiliser, l’offrir aux Dieux (le retour à la terre) – la structure du musée retrace ces différentes étapes. On découvre d’abord le travail du mineur et celui de l’orfèvre. Martèlement, technique de la cire perdue, filigrane, soudure par granulation… les différents objets révèlent une maitrise impressionnante de la métallurgie. 1500 ans avant l’arrivée des conquistadors, on avait découvert ici comment travailler le platine (qui, en raison de sa température de fusion élevée, ne fut utilisé en Europe qu’à partir du XVIIIe siècle). On tombe en admiration devant ces petits insectes d’or, minuscules bijoux aux lignes dessinées avec précision. On aimerait toucher certains objets persuadés que leur brillance s’accompagne d’une incomparable douceur. On espère que la boutique du musée propose une reproduction à la hauteur de la beauté d’une paire de boucles d’oreille ou d’un collier.
Quimbaya, Tairona, Sinu, Calima, Muisca, Tolima, Magdalena… La salle suivante tente de décrire au fil des vitrines le quotidien des différentes civilisations précolombiennes qui coexistèrent et se succédèrent en Colombie. Du sud au nord en passant par les Andes, le Pacifique et les Caraïbes, de nombreux objets en métal, bois, pierre, céramique, tissus et coquillages racontent leur Histoire. L’or y tient une place particulière, intrinsèquement lié au Soleil, il exprime le pouvoir et est particulièrement destiné aux élites politiques et religieuses des différents groupes.
Les hommes de l’époque voyaient en cette matière, pour sa couleur plus que pour sa valeur, le moyen d’expression idéal de leurs préoccupations esthétiques, philosophiques et religieuses. La conception du troisième étage du musée tente ainsi de faire comprendre aux visiteurs que le véritable trésor qu’enferment ses murs n’est pas la collection d’objets précieux en elle-même, mais bien la Pensée autochtone qui leur a donné un sens. C’est cette dernière que la chambre « Cosmologie et symbolisme » éclaire, chaque vitrine donnant vie à une croyance particulière (femme-oiseau, homme-félin…) ou illustrant cette dimension invisible du monde que seuls les initiés peuvent percevoir.
Voici venir la dernière partie de la visite, la plus impressionnante de toutes, où une mise en scène particulièrement inventive et envoutante a été mise en place pour servir à merveille encore une fois le propos. Dernière étape de la transformation de l’or : l’Offrande. Dans un monde où tout est équilibre (l’ombre, la lumière, l’homme, la femme, la sécheresse, la pluie), il suffit d’un rien, d’un dieu mécontent, d’un chaman jaloux, d’une erreur humaine, pour le perturber. L’offrande vient alors réparer, rétablir, contrôler.
Méditation, hallucination, envol vers d’autres dimensions, communication… Plusieurs compartiments cylindriques vous révèleront tour à tour différents aspects de la tradition chamanique et du rôle joué par le « sorcier » en amont de la cérémonie en elle-même. Un parcours qui vous mènera jusqu’à un des objets les plus précieux de la collection du musée : « La Balsa de la Ofrenda ». Incroyable œuvre d’art, cette pièce d’orfèvrerie raconte toute l’histoire de l’offrande. Au cœur d’une salle plongée dans l’obscurité, on découvre une représentation en filigrane de cette cérémonie où cacique et grands prêtres se rendaient en barque au centre de la Laguna de Guatavita pour y noyer de nombreux objets d’or. Ce lac, situé non loin de Bogota, est à l’origine de la légende de l’El Dorado.
Il reste à découvrir une dernière salle, la plus belle et la plus magique de toutes : la salle de l’Offrande en elle-même. Un pan de mur coulisse pour offrir une pièce circulaire aux yeux des visiteurs. Tout autour des ces derniers scintillent des milliers d’objets d’or, à leurs pieds luit une offrande… Des jeux de lumière accompagnent les chants des prêtres de la Sierra Nevada de Santa Marta… L’instant semble aussi rare et précieux que le plus beau des objets du musée.
Rénové en 2004, le musée bénéficie d’une excellente scénographie qui permet au fur et à mesure des étages de découvrir les différents rôles de l’or au sein de la société de l’époque tout en mettant magnifiquement l’accent sur les plus belles pièces de la collection.
Métaphore de la transformation de ce métal – l’extraire de la terre, le travailler, l’utiliser, l’offrir aux Dieux (le retour à la terre) – la structure du musée retrace ces différentes étapes. On découvre d’abord le travail du mineur et celui de l’orfèvre. Martèlement, technique de la cire perdue, filigrane, soudure par granulation… les différents objets révèlent une maitrise impressionnante de la métallurgie. 1500 ans avant l’arrivée des conquistadors, on avait découvert ici comment travailler le platine (qui, en raison de sa température de fusion élevée, ne fut utilisé en Europe qu’à partir du XVIIIe siècle). On tombe en admiration devant ces petits insectes d’or, minuscules bijoux aux lignes dessinées avec précision. On aimerait toucher certains objets persuadés que leur brillance s’accompagne d’une incomparable douceur. On espère que la boutique du musée propose une reproduction à la hauteur de la beauté d’une paire de boucles d’oreille ou d’un collier.
Quimbaya, Tairona, Sinu, Calima, Muisca, Tolima, Magdalena… La salle suivante tente de décrire au fil des vitrines le quotidien des différentes civilisations précolombiennes qui coexistèrent et se succédèrent en Colombie. Du sud au nord en passant par les Andes, le Pacifique et les Caraïbes, de nombreux objets en métal, bois, pierre, céramique, tissus et coquillages racontent leur Histoire. L’or y tient une place particulière, intrinsèquement lié au Soleil, il exprime le pouvoir et est particulièrement destiné aux élites politiques et religieuses des différents groupes.
Les hommes de l’époque voyaient en cette matière, pour sa couleur plus que pour sa valeur, le moyen d’expression idéal de leurs préoccupations esthétiques, philosophiques et religieuses. La conception du troisième étage du musée tente ainsi de faire comprendre aux visiteurs que le véritable trésor qu’enferment ses murs n’est pas la collection d’objets précieux en elle-même, mais bien la Pensée autochtone qui leur a donné un sens. C’est cette dernière que la chambre « Cosmologie et symbolisme » éclaire, chaque vitrine donnant vie à une croyance particulière (femme-oiseau, homme-félin…) ou illustrant cette dimension invisible du monde que seuls les initiés peuvent percevoir.
Voici venir la dernière partie de la visite, la plus impressionnante de toutes, où une mise en scène particulièrement inventive et envoutante a été mise en place pour servir à merveille encore une fois le propos. Dernière étape de la transformation de l’or : l’Offrande. Dans un monde où tout est équilibre (l’ombre, la lumière, l’homme, la femme, la sécheresse, la pluie), il suffit d’un rien, d’un dieu mécontent, d’un chaman jaloux, d’une erreur humaine, pour le perturber. L’offrande vient alors réparer, rétablir, contrôler.
Méditation, hallucination, envol vers d’autres dimensions, communication… Plusieurs compartiments cylindriques vous révèleront tour à tour différents aspects de la tradition chamanique et du rôle joué par le « sorcier » en amont de la cérémonie en elle-même. Un parcours qui vous mènera jusqu’à un des objets les plus précieux de la collection du musée : « La Balsa de la Ofrenda ». Incroyable œuvre d’art, cette pièce d’orfèvrerie raconte toute l’histoire de l’offrande. Au cœur d’une salle plongée dans l’obscurité, on découvre une représentation en filigrane de cette cérémonie où cacique et grands prêtres se rendaient en barque au centre de la Laguna de Guatavita pour y noyer de nombreux objets d’or. Ce lac, situé non loin de Bogota, est à l’origine de la légende de l’El Dorado.
Il reste à découvrir une dernière salle, la plus belle et la plus magique de toutes : la salle de l’Offrande en elle-même. Un pan de mur coulisse pour offrir une pièce circulaire aux yeux des visiteurs. Tout autour des ces derniers scintillent des milliers d’objets d’or, à leurs pieds luit une offrande… Des jeux de lumière accompagnent les chants des prêtres de la Sierra Nevada de Santa Marta… L’instant semble aussi rare et précieux que le plus beau des objets du musée.
Conseils pratiques
| Orientation | Face Parque Santander, Calle 16, 5-41.. Transmillenio : Museo del Oro. Horaires et plus d’infos sur http://www.banrep.go... |
| Equipement | Avoir du temps devant soi pour pouvoir profiter au mieux de la visite. |
| Budget | 1 euro (3000 pesos) l’entrée. Gratuit le dimanche. Fermé le lundi. |
| Autres | Ne pas manquez de descendre au sous-sol pour profiter des expositions temporaires qui sont également de grande qualité. |
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