
AMÉRIQUE DU NORD - GROENLAND - TASIILAQ
La contrée verte était bien blanche
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Moi aussi !
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Posté le 04/09/2009
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Pointer son nez sur la côte Est du Groenland en touriste (au sens noble du terme : "celui, celle qui voyage en amateur") comporte comme tout voyage en amateur un certain nombre de risques. En bon amateur que je suis (et que vous êtes peut-être) j'ai anticipé le premier des dangers polaires en bourrant mon sac de vestes polaires et en me procurant la tente haut de gamme d'une célèbre marque spécialiste des missions polaires... quetchua. Et j'ai bien fait car, ça n'a pas loupé, nous avons eu froid (je dis "nous" car j'ai partagé ma tente haute performance avec ma douce et tendre Coralie). Mais avant même d'avoir les doigts de pied gelés, nous nous sommes rendu à l'évidence : la température n'était pas le seul danger.
1 : survivre à l’atterrissage - photo n°1
Non, le Groenland n’est pas un inlandsis tout blanc et tout plat. Le long de la côte Est, le plat ça n’existe pas. Vous conviendrez que pour atterrir, c’est moyen. Air Greenland a tout de même déniché un bout de plateau sur une île de l’Atlantique Nord à 15 minutes d’hélicoptère du continent (Kulusuk). Le temps étant tempétueux nous avons eu la chance de ne rien voir de l’atterrissage de notre vol en provenance de Reykjavik (Islande), on a par contre vite compris que la piste était un peu courte, puisqu’à peine le train posé, le pilote à pilé et nous, on a glissé… car du bitume, non il n’y en avait pas, mais de la terre transformée en boue par la pluie battante, ça oui il en avait !
2 : survivre à la tempête - photo n°2
Kulusuk, l’île-aéroport, manquant un peu de fun, nous décidâmes de rejoindre au plus vite la capitale de l’Est Groenlandais : Tasiilaq, 1800 âmes. Aventuriers que nous sommes nous délaissons l’option hélico et partons à la recherche – avec un israélien et une allemande trouvés là – d’un vaillant pécheur prêt à nous faire traverser ce petit bout d’Atlantique nous séparant du continent. Après quelques refus et une tentative avortée pour cause de gros vent, grosse pluie, gros courants, grosses vagues et gros icebergs, toute l’île est au courant de notre présence et on nous amène un courageux inuit qui avait de toute façon prévu de faire traverser sa femme et sa fille. Aveuglés par la fatigue, le froid, la pluie, et l’atmosphère proprement déprimante de Kulusuk nous embarquons à 7 dans la coquille de noix de l’inuit… nous le regretterons chaque seconde des 3600 que dura la traversée. Imaginez-vous à 7 dans un vieux canot à moteur prévu pour 3 au milieu de l’Atlantique, les vagues ne sont pas gigantesques mais font tout de même 2-3 mètres, la pluie et le brouillard vous empêchent de voir quoi que soit hormis, au dernier moment, les petits icebergs acérés qui se foutent de votre gueule. Vert de peur vous regardez l’inuit, debout à la barre, il est serein, il sourit, normal, il est ivre !
3 : survivre à l’ennui - photo n°3
Sur la photo du camp de base de Tasiilaq vous voyez comme nous une dizaine de tentes et vous vous dites comme nous qu’il y a des gens potentiellement sympa dedans… et bien, comme nous, vous êtes bien naïfs : ces tentes là sont totalement vides… c’est du marketing inuit.
Une fois le tour du village, pardon de la capitale, effectuée, il vous reste environ 3 activités possibles : se faire bouffer par un ours en tentant l’une des sublimes randonnées au départ de Tasiilaq, se faire aspirer par un courant tourbillonnant créé par la chute d’un bout de glacier à quelques mètres de votre kayak ou alors, et nous avons opté pour ce choix là, faire comme tout le monde : boire.
4- survivre à l’ivresse - photo n°4
A Tasiilaq pour s’intégrer, si vous ne savez pas pêcher ou chasser les rennes, il vous reste la bière danoise. J’exagère bien sûr, mais un jeudi après-midi, en nous promenant dans la ville, nous sommes à peu près certains de n’avoir croisé que des personnes ivres, incluant des enfants, des mamans, des grands-mères… qui du coup, ne sont pas les seules à être édentées ! Ivres, oui, mais violent, jamais… en tout cas, on ne l’a pas observé… et ça, ça le fait !
5- survivre tout court - photo n°5
Froid, isolement, ennui, ivresse : il est aisé de relier tout ces mots. C’est enrichissant voire marrant, quelques jours, en tant que touriste, mais il semble que ça le soit beaucoup moins pour les locaux. Les tentatives de suicide sont courantes. Selon la Direction de la santé publique danoise, une femme sur quatre a déjà tenté de se suicider.
1 : survivre à l’atterrissage - photo n°1
Non, le Groenland n’est pas un inlandsis tout blanc et tout plat. Le long de la côte Est, le plat ça n’existe pas. Vous conviendrez que pour atterrir, c’est moyen. Air Greenland a tout de même déniché un bout de plateau sur une île de l’Atlantique Nord à 15 minutes d’hélicoptère du continent (Kulusuk). Le temps étant tempétueux nous avons eu la chance de ne rien voir de l’atterrissage de notre vol en provenance de Reykjavik (Islande), on a par contre vite compris que la piste était un peu courte, puisqu’à peine le train posé, le pilote à pilé et nous, on a glissé… car du bitume, non il n’y en avait pas, mais de la terre transformée en boue par la pluie battante, ça oui il en avait !
2 : survivre à la tempête - photo n°2
Kulusuk, l’île-aéroport, manquant un peu de fun, nous décidâmes de rejoindre au plus vite la capitale de l’Est Groenlandais : Tasiilaq, 1800 âmes. Aventuriers que nous sommes nous délaissons l’option hélico et partons à la recherche – avec un israélien et une allemande trouvés là – d’un vaillant pécheur prêt à nous faire traverser ce petit bout d’Atlantique nous séparant du continent. Après quelques refus et une tentative avortée pour cause de gros vent, grosse pluie, gros courants, grosses vagues et gros icebergs, toute l’île est au courant de notre présence et on nous amène un courageux inuit qui avait de toute façon prévu de faire traverser sa femme et sa fille. Aveuglés par la fatigue, le froid, la pluie, et l’atmosphère proprement déprimante de Kulusuk nous embarquons à 7 dans la coquille de noix de l’inuit… nous le regretterons chaque seconde des 3600 que dura la traversée. Imaginez-vous à 7 dans un vieux canot à moteur prévu pour 3 au milieu de l’Atlantique, les vagues ne sont pas gigantesques mais font tout de même 2-3 mètres, la pluie et le brouillard vous empêchent de voir quoi que soit hormis, au dernier moment, les petits icebergs acérés qui se foutent de votre gueule. Vert de peur vous regardez l’inuit, debout à la barre, il est serein, il sourit, normal, il est ivre !
3 : survivre à l’ennui - photo n°3
Sur la photo du camp de base de Tasiilaq vous voyez comme nous une dizaine de tentes et vous vous dites comme nous qu’il y a des gens potentiellement sympa dedans… et bien, comme nous, vous êtes bien naïfs : ces tentes là sont totalement vides… c’est du marketing inuit.
Une fois le tour du village, pardon de la capitale, effectuée, il vous reste environ 3 activités possibles : se faire bouffer par un ours en tentant l’une des sublimes randonnées au départ de Tasiilaq, se faire aspirer par un courant tourbillonnant créé par la chute d’un bout de glacier à quelques mètres de votre kayak ou alors, et nous avons opté pour ce choix là, faire comme tout le monde : boire.
4- survivre à l’ivresse - photo n°4
A Tasiilaq pour s’intégrer, si vous ne savez pas pêcher ou chasser les rennes, il vous reste la bière danoise. J’exagère bien sûr, mais un jeudi après-midi, en nous promenant dans la ville, nous sommes à peu près certains de n’avoir croisé que des personnes ivres, incluant des enfants, des mamans, des grands-mères… qui du coup, ne sont pas les seules à être édentées ! Ivres, oui, mais violent, jamais… en tout cas, on ne l’a pas observé… et ça, ça le fait !
5- survivre tout court - photo n°5
Froid, isolement, ennui, ivresse : il est aisé de relier tout ces mots. C’est enrichissant voire marrant, quelques jours, en tant que touriste, mais il semble que ça le soit beaucoup moins pour les locaux. Les tentatives de suicide sont courantes. Selon la Direction de la santé publique danoise, une femme sur quatre a déjà tenté de se suicider.
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marek
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