
AMÉRIQUE DU SUD - ILE DE PÂQUES - HANGA ROA
Les derniers Moai d’Hanga Roa
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Posté le 29/12/2009
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Depuis Honga Roa, l'unique agglomération de l’île de Pâques, un parcours pédestre permet de découvrir à pied les Ahu et les Moai les plus proches du village et de se familiariser avec l’Histoire (dramatique) de l’île. Sur les cartes, ce sentier balisé est la première partie du Te Ara O Rapa Nui et se nomme le Hango Roa Urbano.
Commencez par le musée antropologico Sebastian Englert qui vous permettra de mieux comprendre tout ce que vous allez voir par la suite sur l’île.
Descendez ensuite la calle Atamu Tekena jusqu’à la côte, vous arriverez face à l’Ahu Tahai, le complexe cérémoniel le plus important aux abords d’Hanga Roa.
Trois séries de plateformes se dressent au bord de l’eau et l’une d’elles (Vai Uri) accueille cinq statues aux silhouettes plus ou moins tronquées. À leur côté, un Moai solitaire (sur l’Ahu Tahai) puis un autre, sur l’Ahu Ko Te Riku, sur lequel pukao (le fameux chapeau-chignon de lave rouge) et yeux ont été ajoutés au moment de sa restauration.
L’ensemble est magnifique, d’autant plus que tout autour les vestiges d’autres Moai, de maisons bateau (Hare Paenga) et autres cercles de pierre permettent de laisser libre cours à son imagination.
Que se passait-il ici quelque part entre l’an 700 et 1600 ?
Plus que des incertitudes, il y a une ignorance complète de certains aspects de la culture pascuane de cette époque. Les dépositaires du savoir ont disparu lorsqu’en 1863, le Pérou réduit en esclavage une grande partie de la population de l’île dans le but d’approvisionner en main d’œuvre ses mines de guano.
Quand sous la pression internationale, les Pascuans sont libérés, plus de 80 % d’entre eux sont déjà morts de maladie ou d’épuisement. Et pendant le voyage qui ramène les survivants chez eux, la variole finit le travail et les quelques rescapés la transmettent aux derniers habitants. En 1864, il ne reste plus que quelques centaines de personnes sur l’île.
Ainsi, la tradition orale s’est étiolée, la connaissance de la langue Rongo Rongo a totalement disparu (impossible de décrypter la moindre tablette) et l’île s’est enrobée de mystère.
Il est néanmoins acquis que les Ahu (les plateformes) cachaient en leur sein des chambres funéraires où étaient entreposés les ossements des ancêtres du clan. Le territoire de l’île était en effet divisé entre les différentes familles et chaque part possédait un accès à la mer, morceau de côte sur lequel étaient construits les Ahu sur lesquels on érigeait ensuite les Moai censés incarner les ancêtres fondateurs de chaque clan et protéger leurs descendants de leur mana.
Après avoir médité sur la question, continuez votre chemin le long de la côte. Vous passerez devant le cimetière inauguré en 1951, notez la croix disposée au centre qui fut taillée dans le pukao original de l’Ahu Ko Te Riku, avant d’arriver à l’Ahu O’Orongo.
D’après les descriptions des premiers navigateurs à avoir mis le pied sur l’île (dont Pierre Loti), l'Ahu était très imposant, mais il a été démantelé pour construire les maisons et le port de la ville. Il comptait également cinq Moai sur son sommet.
En 1872, l’expédition française Le Flore tente d’emporter un Moai avec eux, mais, devant sa taille imposante, les marins se résignent à n’emporter que sa tête (après l’avoir sciée donc !). Elle est aujourd’hui conservée au Musée du Quai Branly (après avoir longtemps été au musée de l’homme au Trocadéro).
En 1934-35, une autre expédition franco-belge emporte avec elle un autre Moai (le Pou Hakanononga) qui se trouve aujourd’hui au à Bruxelles.
Vous voici arrivé au port principal d’Hanga Roa. En 1938, le docteur Alvaro Tejeda, qui, tentant de faire revivre le folklore pascuan autour de l’arrivée du Roi dans la baie, fit venir un Moai de l’Ahu Atiu pour l’ériger ici, comme on peut toujours le voir aujourd’hui.
Vous passerez ensuite devant l’Ahu Tautira (aka Ahu Kopeka Tae Ati) dont James Cook a fait une belle description en 1774 confirmée par celle d’un navire russe en 1806. Quand ces derniers repassent dans le coin neuf ans plus tard, plus aucun des Moai de cet Ahu n’était encore debout. L’arrivée des missionnaires en 1864 finit d’achever ce qu’il reste de la construction avec l’utilisation des pierres dans la construction de l’église et de leurs demeures. Les maisons bateau (Hare Paenga) qui entouraient le site sont également pillées, à leur place se trouve aujourd’hui le terrain de foot.
Avec un des derniers Moai qui restent sur place, les Allemands qui passent par Hanga Roa pendant la Première Guerre mondiale font un four en creusant la pierre de son ventre, ce qui fait qu’en 1932, il ne reste pratiquement plus rien de ce grand centre cérémoniel.
C’est grâce aux travaux de restauration effectués à la fin des années 70 que l’on peut aujourd’hui admirer l’Ahu et son Moai solitaire (dont l’estomac a été renfloué).
Vous pouvez continuer de longer la côte pour découvrir l’Ahu Apina qui trône comme les autres au milieu de l’indifférence générale des habitants habitués à sa présence, à l’endroit exact où le capitaine Cook l’a aperçu en 1774, et aller jusqu’à la Caleta Hanga Piko (le deuxième port du village) où un dernier Moai tourne le dos à la mer et aux barques colorées sur l’ Ahu Riata.
Commencez par le musée antropologico Sebastian Englert qui vous permettra de mieux comprendre tout ce que vous allez voir par la suite sur l’île.
Descendez ensuite la calle Atamu Tekena jusqu’à la côte, vous arriverez face à l’Ahu Tahai, le complexe cérémoniel le plus important aux abords d’Hanga Roa.
Trois séries de plateformes se dressent au bord de l’eau et l’une d’elles (Vai Uri) accueille cinq statues aux silhouettes plus ou moins tronquées. À leur côté, un Moai solitaire (sur l’Ahu Tahai) puis un autre, sur l’Ahu Ko Te Riku, sur lequel pukao (le fameux chapeau-chignon de lave rouge) et yeux ont été ajoutés au moment de sa restauration.
L’ensemble est magnifique, d’autant plus que tout autour les vestiges d’autres Moai, de maisons bateau (Hare Paenga) et autres cercles de pierre permettent de laisser libre cours à son imagination.
Que se passait-il ici quelque part entre l’an 700 et 1600 ?
Plus que des incertitudes, il y a une ignorance complète de certains aspects de la culture pascuane de cette époque. Les dépositaires du savoir ont disparu lorsqu’en 1863, le Pérou réduit en esclavage une grande partie de la population de l’île dans le but d’approvisionner en main d’œuvre ses mines de guano.
Quand sous la pression internationale, les Pascuans sont libérés, plus de 80 % d’entre eux sont déjà morts de maladie ou d’épuisement. Et pendant le voyage qui ramène les survivants chez eux, la variole finit le travail et les quelques rescapés la transmettent aux derniers habitants. En 1864, il ne reste plus que quelques centaines de personnes sur l’île.
Ainsi, la tradition orale s’est étiolée, la connaissance de la langue Rongo Rongo a totalement disparu (impossible de décrypter la moindre tablette) et l’île s’est enrobée de mystère.
Il est néanmoins acquis que les Ahu (les plateformes) cachaient en leur sein des chambres funéraires où étaient entreposés les ossements des ancêtres du clan. Le territoire de l’île était en effet divisé entre les différentes familles et chaque part possédait un accès à la mer, morceau de côte sur lequel étaient construits les Ahu sur lesquels on érigeait ensuite les Moai censés incarner les ancêtres fondateurs de chaque clan et protéger leurs descendants de leur mana.
Après avoir médité sur la question, continuez votre chemin le long de la côte. Vous passerez devant le cimetière inauguré en 1951, notez la croix disposée au centre qui fut taillée dans le pukao original de l’Ahu Ko Te Riku, avant d’arriver à l’Ahu O’Orongo.
D’après les descriptions des premiers navigateurs à avoir mis le pied sur l’île (dont Pierre Loti), l'Ahu était très imposant, mais il a été démantelé pour construire les maisons et le port de la ville. Il comptait également cinq Moai sur son sommet.
En 1872, l’expédition française Le Flore tente d’emporter un Moai avec eux, mais, devant sa taille imposante, les marins se résignent à n’emporter que sa tête (après l’avoir sciée donc !). Elle est aujourd’hui conservée au Musée du Quai Branly (après avoir longtemps été au musée de l’homme au Trocadéro).
En 1934-35, une autre expédition franco-belge emporte avec elle un autre Moai (le Pou Hakanononga) qui se trouve aujourd’hui au à Bruxelles.
Vous voici arrivé au port principal d’Hanga Roa. En 1938, le docteur Alvaro Tejeda, qui, tentant de faire revivre le folklore pascuan autour de l’arrivée du Roi dans la baie, fit venir un Moai de l’Ahu Atiu pour l’ériger ici, comme on peut toujours le voir aujourd’hui.
Vous passerez ensuite devant l’Ahu Tautira (aka Ahu Kopeka Tae Ati) dont James Cook a fait une belle description en 1774 confirmée par celle d’un navire russe en 1806. Quand ces derniers repassent dans le coin neuf ans plus tard, plus aucun des Moai de cet Ahu n’était encore debout. L’arrivée des missionnaires en 1864 finit d’achever ce qu’il reste de la construction avec l’utilisation des pierres dans la construction de l’église et de leurs demeures. Les maisons bateau (Hare Paenga) qui entouraient le site sont également pillées, à leur place se trouve aujourd’hui le terrain de foot.
Avec un des derniers Moai qui restent sur place, les Allemands qui passent par Hanga Roa pendant la Première Guerre mondiale font un four en creusant la pierre de son ventre, ce qui fait qu’en 1932, il ne reste pratiquement plus rien de ce grand centre cérémoniel.
C’est grâce aux travaux de restauration effectués à la fin des années 70 que l’on peut aujourd’hui admirer l’Ahu et son Moai solitaire (dont l’estomac a été renfloué).
Vous pouvez continuer de longer la côte pour découvrir l’Ahu Apina qui trône comme les autres au milieu de l’indifférence générale des habitants habitués à sa présence, à l’endroit exact où le capitaine Cook l’a aperçu en 1774, et aller jusqu’à la Caleta Hanga Piko (le deuxième port du village) où un dernier Moai tourne le dos à la mer et aux barques colorées sur l’ Ahu Riata.
Conseils pratiques
| Orientation | 4,4 km (2 h de marche) au départ du musée d’Hanga Roa (au nord de la ville). |
| Equipement | Votre maillot si vous voulez faire un plouf pour vous remettre de tout ça. |
| Budget | Gratuit (mais à un moment ou un autre vous devrez payez l'entrée du parc) |
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