
AMÉRIQUE DU SUD - ILE DE PÂQUES - HANGA ROA
Orongo, le village de l’homme oiseau
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Posté le 28/09/2010
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Voici le seul endroit de l’île de Pâques où ce ne sont pas les Moai, ces grands visages monolithiques hyper connus, qui sont à l’honneur. Orongo est un village de pierre où maisons et pétroglyphes tentent de raconter une autre parcelle de l’histoire pascuane.
Après des siècles de guerres tribales pour savoir qui aurait les plus beaux (et les plus puissants) Moai, la vie sur l’île a commencé à être de plus en plus difficile. Surpopulation, surexploitation, dérèglements climatiques… Les dieux semblaient s’être ligués contre les habitants et ceux-ci choisirent alors de se tourner vers un autre culte pour espérer survivre.
Nous sommes quelque part au XVIIe siècle quand la révolte s’empare de l’île et que les courtes oreilles massacrent leurs ennemis poussant l’humiliation jusqu’à mettre à terre leurs idoles de pierre. Une nouvelle religion se met alors en place : le culte de l’homme oiseau ou comment faire la paix en faisant tourner le pouvoir.
Tout est fondé sur une grande cérémonie ayant lieu chaque année vers la fin juillet. Le but : élire le tangata-manu, l’homme oiseau, celui qui détiendra les pouvoirs exécutifs et spirituels de l’île pendant un an. Ainsi, le pouvoir autrefois exclusivement réservé à la lignée royale est désormais attribué à un représentant de l’une des tribus de l’île qui, chaque année, remet son titre en jeu.
C’est autour de cet événement que s'est construit le village d’Orongo. À la pointe de l’île, se trouvent trois îlots fouettés par le Pacifique que l’on peut encore admirer aujourd’hui. Sur l’un d’eux, le Motu Nui, viennent pondre les manutaras (des frégates qui seront remplacées par des sternes au XVIIIe siècle). Le rituel veut que celui qui ira chercher le premier œuf de l'un de ces oiseaux pour le rapporter intact sur l’île, sera sacré Homme oiseau.
Chaque clan se doit de choisir un serviteur, le hopu-manu. C’est lui qui est chargé de la lourde tâche de guetter les oiseaux, de plonger dans les eaux mouvementées du Pacifique, d’atteindre l’îlot à la nage le plus vite possible, de trouver l’œuf sacré, et de le ramener en équilibre sur sa tête jusqu’au rivage où l’attend une falaise vertigineuse à gravir. Le premier à avoir accompli cette mission devient alors l’Homme oiseau, mais son existence ne se simplifie pas pour autant.
Célébré de toute part, il doit se raser tête, cils et sourcils avant de se peindre intégralement en rouge. Par l'intermédiaire de l’oiseau, trait d'union entre la terre et le ciel, entre les hommes et le divin, Make-Make (le dieu prédominant chez les pascuans à cette époque) a transmis sa puissance spirituelle (« Mana ») à l'homme oiseau et ce dernier doit s’en montrer digne.
Interdiction d’accéder à l’océan, interdiction d’avoir des relations sexuelles, interdiction de se laver les ongles et les cheveux, interdiction d’être en contact avec les autres si ce n’est avec son unique serviteur, interdiction de toucher les aliments avec la main qui a tenu l’œuf… Son rôle lui confère certes le pouvoir absolu, mais il doit se plier à toute une pléiade de règles plus dures les unes que les autres.
On retrouve parmi les 111 pétroglyphes, ces gravures qui ornent les roches du village, de belles représentations onirique de cet homme. Accroupi en position de prière, il possède un corps humain surmonté d’une tête d’oiseau au grand bec recourbé. Il faut prendre le temps de suivre ces entrelacs usés par le temps pour entrevoir ces formes étonnantes. C’est à la pointe du village, face aux îlots et au Pacifique, qu’ils sont le plus nombreux. On trouvera au milieu des spirales et des symboles plus étranges les uns que les autres toutes sortes d’animaux : un rébus passionnant qui n’a surement pas encore révélé toutes ses significations.
Côté village en lui-même, les 47 maisons en forme de coque de bateau au bel ovale bien dessiné sont de simples abris de pierre où l'on ne va que pour dormir. L’herbe qui pousse aujourd’hui sur leurs toits donne l’impression de maisons souterraines destinées à des hobbits du Pacifique. Les ouvertures au ras du sol sont minuscules et il faudrait presque ramper pour pouvoir y entrer si cela n’était pas interdit. Une « coupe » a été effectuée dans l'une des habitations pour permettre au visiteur de mieux comprendre l'architecture de la construction. Mais de notre côté, nous avions surement la tête trop pleine de ces légendes d’un autre monde pour s’appesantir sur de tels détails techniques.
Après des siècles de guerres tribales pour savoir qui aurait les plus beaux (et les plus puissants) Moai, la vie sur l’île a commencé à être de plus en plus difficile. Surpopulation, surexploitation, dérèglements climatiques… Les dieux semblaient s’être ligués contre les habitants et ceux-ci choisirent alors de se tourner vers un autre culte pour espérer survivre.
Nous sommes quelque part au XVIIe siècle quand la révolte s’empare de l’île et que les courtes oreilles massacrent leurs ennemis poussant l’humiliation jusqu’à mettre à terre leurs idoles de pierre. Une nouvelle religion se met alors en place : le culte de l’homme oiseau ou comment faire la paix en faisant tourner le pouvoir.
Tout est fondé sur une grande cérémonie ayant lieu chaque année vers la fin juillet. Le but : élire le tangata-manu, l’homme oiseau, celui qui détiendra les pouvoirs exécutifs et spirituels de l’île pendant un an. Ainsi, le pouvoir autrefois exclusivement réservé à la lignée royale est désormais attribué à un représentant de l’une des tribus de l’île qui, chaque année, remet son titre en jeu.
C’est autour de cet événement que s'est construit le village d’Orongo. À la pointe de l’île, se trouvent trois îlots fouettés par le Pacifique que l’on peut encore admirer aujourd’hui. Sur l’un d’eux, le Motu Nui, viennent pondre les manutaras (des frégates qui seront remplacées par des sternes au XVIIIe siècle). Le rituel veut que celui qui ira chercher le premier œuf de l'un de ces oiseaux pour le rapporter intact sur l’île, sera sacré Homme oiseau.
Chaque clan se doit de choisir un serviteur, le hopu-manu. C’est lui qui est chargé de la lourde tâche de guetter les oiseaux, de plonger dans les eaux mouvementées du Pacifique, d’atteindre l’îlot à la nage le plus vite possible, de trouver l’œuf sacré, et de le ramener en équilibre sur sa tête jusqu’au rivage où l’attend une falaise vertigineuse à gravir. Le premier à avoir accompli cette mission devient alors l’Homme oiseau, mais son existence ne se simplifie pas pour autant.
Célébré de toute part, il doit se raser tête, cils et sourcils avant de se peindre intégralement en rouge. Par l'intermédiaire de l’oiseau, trait d'union entre la terre et le ciel, entre les hommes et le divin, Make-Make (le dieu prédominant chez les pascuans à cette époque) a transmis sa puissance spirituelle (« Mana ») à l'homme oiseau et ce dernier doit s’en montrer digne.
Interdiction d’accéder à l’océan, interdiction d’avoir des relations sexuelles, interdiction de se laver les ongles et les cheveux, interdiction d’être en contact avec les autres si ce n’est avec son unique serviteur, interdiction de toucher les aliments avec la main qui a tenu l’œuf… Son rôle lui confère certes le pouvoir absolu, mais il doit se plier à toute une pléiade de règles plus dures les unes que les autres.
On retrouve parmi les 111 pétroglyphes, ces gravures qui ornent les roches du village, de belles représentations onirique de cet homme. Accroupi en position de prière, il possède un corps humain surmonté d’une tête d’oiseau au grand bec recourbé. Il faut prendre le temps de suivre ces entrelacs usés par le temps pour entrevoir ces formes étonnantes. C’est à la pointe du village, face aux îlots et au Pacifique, qu’ils sont le plus nombreux. On trouvera au milieu des spirales et des symboles plus étranges les uns que les autres toutes sortes d’animaux : un rébus passionnant qui n’a surement pas encore révélé toutes ses significations.
Côté village en lui-même, les 47 maisons en forme de coque de bateau au bel ovale bien dessiné sont de simples abris de pierre où l'on ne va que pour dormir. L’herbe qui pousse aujourd’hui sur leurs toits donne l’impression de maisons souterraines destinées à des hobbits du Pacifique. Les ouvertures au ras du sol sont minuscules et il faudrait presque ramper pour pouvoir y entrer si cela n’était pas interdit. Une « coupe » a été effectuée dans l'une des habitations pour permettre au visiteur de mieux comprendre l'architecture de la construction. Mais de notre côté, nous avions surement la tête trop pleine de ces légendes d’un autre monde pour s’appesantir sur de tels détails techniques.
Conseils pratiques
| Orientation | À l’extrême pointe sud-ouest de l’île, entre le volcan Rano Kau et le Pacifique. |
| Budget | 7 euros |
| Autres | Si vous n'avez pas encore payé votre entrée à la CONAF, c'est un des deux sites où vous pourrez le faire. Valable trois jours pour tous les sites de l'île. |
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