
Rencontre avec les dragons de Komodo
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Posté le 12/11/2010
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Komodo, île volcanique des Petites Ïles de la Sonde, est connue pour les animaux uniques qui évoluent sur ses terres et à qui elle a donné son nom : les dragons de Komodo.
Si les premiers habitants de l’île connaissaient l’existence de ces êtres fantastiques et que les Chinois semblent avoir utilisé la peau de quelques individus pour en faire des tambours au XIIe, le monde a véritablement découvert les dragons de Komodo en 1912 quand deux pêcheurs de perles hollandais sont revenus d’un de leur voyage en évoquant un étrange crocodile terrestre surnommé « Buaja darat » ou « Ora » par les autochtones , un animal si puissant qu’il pouvait terrasser un bœuf ou un homme sans aucun problème. Chassée jusqu’en 1937, le gouvernement hollandais saisit ensuite l’importance de protéger cette espèce unique des velléités des zoos étrangers et de la culture sur brulis pratiquée sur l’île.
En 1980, Komodo a été classée, en compagnie de deux de ses voisines, Rinca et Padar, Parc National afin de protéger sa faune si particulière et son environnement. L’UNESCO l’a ajouté sur sa liste en 1991, et elle concourt aujourd’hui pour devenir une des 7 nouvelles merveilles naturelles du monde.
Depuis Labuhan Bajo à Flores, de nombreuses croisières sont organisées afin de permettre aux voyageurs de découvrir Komodo, Rinca, et leurs fameux dragons, une rencontre hors du commun qui en fait rêver plus d’un et que les agences vendent sous le nom de « Hunting Komodo Dragons (by camera) ».
Ainsi, après avoir découvert Rinca et admiré nos premiers dragons, nous voici sur Komodo, il est beaucoup plus tôt cette fois-ci (6h du matin), nous avons donc plus de chances de croiser nos lézards en pleine activité, car, s’ils se lèvent à l’aube pour chasser ou se nourrir, ils retournent dormir à l’ombre dès que la température augmente.
Au bout de quelques minutes, voici un premier spécimen qui traverse notre sentier comme si nous n’étions pas là. Apparait cette drôle de tête qui remue sans cesse, précédée de cette langue pointue comme celle d’un serpent de dessin animé, si jaune qu’on a cru par le passé que la bête pouvait cracher du feu à tout moment, puis, ce corps massif aux pattes crochues venu du fin fond de la préhistoire, et pour finir, cette queue immense, aussi longue que le corps, arme tout aussi redoutable que les puissantes griffes.
Le tout est extrêmement impressionnant ! Plus grands lézards vivants au monde, les dragons de Komodo mesurent entre deux et trois mètres et pèsent environ 70 kilos. Un gigantisme insulaire qui fait de lui le roi de l’île, prédateur par excellence que nul ne peut vaincre. On pense que cette espèce est apparue il y a 4 millions d'années, se différenciant de ses ancêtres varans et élargissant son territoire jusqu'à l'île de Timor, à l'est. La dernière période glaciaire lui aurait offert de nouvelles terres à coloniser et elle ne s’en serait pas privée, jusqu’à se retrouver complètement isolée du reste du monde lors de lente remontée du niveau de la mer.
En poursuivant notre route, nous arrivons à une clairière. Là, même notre guide reste bouche bée, car il y a deux dragons de Komodo, l’un sur l’autre, dans une position plutôt explicite. Fait rare chez les reptiles, le dragon de Komodo est monogame. Le mâle, pour faire sa cour, frotte son menton contre le dos de la femelle et lui gratte fortement le dos. Le bourdonnement incessant des insectes, les rayons de lumière qui passent à travers les feuillages, les lents mouvements du mâle rendent la scène complètement fantasmagorique. Nous apprenons que les mâles sont 3 à 4 fois plus nombreux que les femelles sur l’île, mais que si malgré tout, on venait à manquer de papas, les dragons font partie des rares vertébrés capables de parthénogenèse, un mode de reproduction qui permet aux femelles de pondre des œufs viables en l'absence de mâles. Les œufs issus d’une telle « auto-fécondation » ne donneront que des mâles, histoire de pouvoir trouver rapidement un nouveau partenaire.
Toujours est-il que là, ils sont deux, et que nous les dérangeons. Le mâle nous le fait comprendre en poussant un puissant soufflement et en s’avançant vers nous la queue dressée. Tout le monde recule d’un pas et se met limite à trembler. Depuis le début de l’excursion, le guide nous a dit qu’un dragon pouvait courir à plus de 20 km / heure (ils nagent aussi très bien) et se montrer très, très agressif lorsqu’il se retrouvait acculé. Pour le calmer, notre accompagnateur et un de ses collègues saisissent leur fourche de bois et s’en vont courageusement le repousser en le tapant sur le museau, là où ses écailles sont le plus sensibles. L’animal recule, mais continue de grogner, un son guttural qui semble venir du fond des âges.
Histoire de nous rassurer, nous évoquons les quelques accidents dont nous avons entendu parler : ce garde qui, en mangeant du poulet, aurait taché son pied de sang sans s’en rendre compte et se serait réveillé de sa sieste la jambe amputée, ce journaliste qui se serait aventuré de nuit sans autorisation sur l’île et dont on n’aurait retrouvé que la sacoche d’appareil photo, ce touriste qui prenant un dragon en photo n’aurait pas fait attention à celui qui arrivait derrière lui… Les cas sont rares, mais l’idée de se faire assommer par la queue, déchiqueter par les griffes, condamner par les bactéries et dévorer par toute une troupe de joyeux dragons affamés et leurs soixante dents chacun ne nous fait pas fantasmer.
Nous reprenons donc notre randonnée et croisons des cerfs pour qui le destin décrit plus haut semble être tout tracé. Avec le buffle, cet animal fait partie des mets de prédilection des dragons. Avec leur mâchoire élastique, leur crâne souple et leur estomac extensible, ils sont capables d’avaler l’animal en entier, en le poussant contre un arbre puisqu’ils ne savent pas déglutir. Ils régurgiteront ensuite les cornes, les poils et les dents et les sabots qu’ils n’ont pas pu digérer. Auparavant, les touristes qui le désiraient pouvaient assister au « feeding time », quand les gardes du parc offraient une petite chèvre en pâture aux dragons, cela ne se fait plus aujourd’hui, il ne vous reste qu’à faire preuve d’imagination.
Remarque : Labuhan Bajo s'écrit aussi Labuan Bajo, Labuanbajo ou encore Labuhanbajo
Si les premiers habitants de l’île connaissaient l’existence de ces êtres fantastiques et que les Chinois semblent avoir utilisé la peau de quelques individus pour en faire des tambours au XIIe, le monde a véritablement découvert les dragons de Komodo en 1912 quand deux pêcheurs de perles hollandais sont revenus d’un de leur voyage en évoquant un étrange crocodile terrestre surnommé « Buaja darat » ou « Ora » par les autochtones , un animal si puissant qu’il pouvait terrasser un bœuf ou un homme sans aucun problème. Chassée jusqu’en 1937, le gouvernement hollandais saisit ensuite l’importance de protéger cette espèce unique des velléités des zoos étrangers et de la culture sur brulis pratiquée sur l’île.
En 1980, Komodo a été classée, en compagnie de deux de ses voisines, Rinca et Padar, Parc National afin de protéger sa faune si particulière et son environnement. L’UNESCO l’a ajouté sur sa liste en 1991, et elle concourt aujourd’hui pour devenir une des 7 nouvelles merveilles naturelles du monde.
Depuis Labuhan Bajo à Flores, de nombreuses croisières sont organisées afin de permettre aux voyageurs de découvrir Komodo, Rinca, et leurs fameux dragons, une rencontre hors du commun qui en fait rêver plus d’un et que les agences vendent sous le nom de « Hunting Komodo Dragons (by camera) ».
Ainsi, après avoir découvert Rinca et admiré nos premiers dragons, nous voici sur Komodo, il est beaucoup plus tôt cette fois-ci (6h du matin), nous avons donc plus de chances de croiser nos lézards en pleine activité, car, s’ils se lèvent à l’aube pour chasser ou se nourrir, ils retournent dormir à l’ombre dès que la température augmente.
Au bout de quelques minutes, voici un premier spécimen qui traverse notre sentier comme si nous n’étions pas là. Apparait cette drôle de tête qui remue sans cesse, précédée de cette langue pointue comme celle d’un serpent de dessin animé, si jaune qu’on a cru par le passé que la bête pouvait cracher du feu à tout moment, puis, ce corps massif aux pattes crochues venu du fin fond de la préhistoire, et pour finir, cette queue immense, aussi longue que le corps, arme tout aussi redoutable que les puissantes griffes.
Le tout est extrêmement impressionnant ! Plus grands lézards vivants au monde, les dragons de Komodo mesurent entre deux et trois mètres et pèsent environ 70 kilos. Un gigantisme insulaire qui fait de lui le roi de l’île, prédateur par excellence que nul ne peut vaincre. On pense que cette espèce est apparue il y a 4 millions d'années, se différenciant de ses ancêtres varans et élargissant son territoire jusqu'à l'île de Timor, à l'est. La dernière période glaciaire lui aurait offert de nouvelles terres à coloniser et elle ne s’en serait pas privée, jusqu’à se retrouver complètement isolée du reste du monde lors de lente remontée du niveau de la mer.
En poursuivant notre route, nous arrivons à une clairière. Là, même notre guide reste bouche bée, car il y a deux dragons de Komodo, l’un sur l’autre, dans une position plutôt explicite. Fait rare chez les reptiles, le dragon de Komodo est monogame. Le mâle, pour faire sa cour, frotte son menton contre le dos de la femelle et lui gratte fortement le dos. Le bourdonnement incessant des insectes, les rayons de lumière qui passent à travers les feuillages, les lents mouvements du mâle rendent la scène complètement fantasmagorique. Nous apprenons que les mâles sont 3 à 4 fois plus nombreux que les femelles sur l’île, mais que si malgré tout, on venait à manquer de papas, les dragons font partie des rares vertébrés capables de parthénogenèse, un mode de reproduction qui permet aux femelles de pondre des œufs viables en l'absence de mâles. Les œufs issus d’une telle « auto-fécondation » ne donneront que des mâles, histoire de pouvoir trouver rapidement un nouveau partenaire.
Toujours est-il que là, ils sont deux, et que nous les dérangeons. Le mâle nous le fait comprendre en poussant un puissant soufflement et en s’avançant vers nous la queue dressée. Tout le monde recule d’un pas et se met limite à trembler. Depuis le début de l’excursion, le guide nous a dit qu’un dragon pouvait courir à plus de 20 km / heure (ils nagent aussi très bien) et se montrer très, très agressif lorsqu’il se retrouvait acculé. Pour le calmer, notre accompagnateur et un de ses collègues saisissent leur fourche de bois et s’en vont courageusement le repousser en le tapant sur le museau, là où ses écailles sont le plus sensibles. L’animal recule, mais continue de grogner, un son guttural qui semble venir du fond des âges.
Histoire de nous rassurer, nous évoquons les quelques accidents dont nous avons entendu parler : ce garde qui, en mangeant du poulet, aurait taché son pied de sang sans s’en rendre compte et se serait réveillé de sa sieste la jambe amputée, ce journaliste qui se serait aventuré de nuit sans autorisation sur l’île et dont on n’aurait retrouvé que la sacoche d’appareil photo, ce touriste qui prenant un dragon en photo n’aurait pas fait attention à celui qui arrivait derrière lui… Les cas sont rares, mais l’idée de se faire assommer par la queue, déchiqueter par les griffes, condamner par les bactéries et dévorer par toute une troupe de joyeux dragons affamés et leurs soixante dents chacun ne nous fait pas fantasmer.
Nous reprenons donc notre randonnée et croisons des cerfs pour qui le destin décrit plus haut semble être tout tracé. Avec le buffle, cet animal fait partie des mets de prédilection des dragons. Avec leur mâchoire élastique, leur crâne souple et leur estomac extensible, ils sont capables d’avaler l’animal en entier, en le poussant contre un arbre puisqu’ils ne savent pas déglutir. Ils régurgiteront ensuite les cornes, les poils et les dents et les sabots qu’ils n’ont pas pu digérer. Auparavant, les touristes qui le désiraient pouvaient assister au « feeding time », quand les gardes du parc offraient une petite chèvre en pâture aux dragons, cela ne se fait plus aujourd’hui, il ne vous reste qu’à faire preuve d’imagination.
Remarque : Labuhan Bajo s'écrit aussi Labuan Bajo, Labuanbajo ou encore Labuhanbajo
Conseils pratiques
| Orientation | Komodo se trouve à 500 km à l’est de Bali, entre Flores et Sumbawa. |
| Equipement | Pour tout savoir sur les différentes possibilités d'excursions : http://www.triptease... |
| Autres | A Rinca, il y a aussi des dragons : http://www.triptease... |
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