
Les porteurs de soufre du Kawah Ijen
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Posté le 09/12/2010
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À l’extrême est de Java se trouve le Kawa Ijen, un des volcans les plus fascinants d’Indonésie tant par le paysage qu’il offre que par l’activité humaine qui se déroule au fond de son cratère.
Nous accédons au sommet du volcan à 2 400 mètres d’altitude par un sentier boisé qui serpente dans la nuit. Il est 4h30 du matin quand nous entamons l’ascension, car nous savons que les volcans aiment à s’enrober de brume au fur et à mesure de la journée. Cette mise en jambe d’1h30 nous permet de voir l’aube pointer le bout de son nez amenant avec elle les sommets de volcans voisins en panorama, le chant des oiseaux en bande-son, et les premiers travailleurs en compagnons de route.
Lorsque nous arrivons en haut, le soleil est en train de franchir le rebord du cratère. Nous découvrons cette immense ouverture aux parois ravinées avec stupéfaction. Au fond de l’entonnoir désertique de gris et de blanc vêtu, un lac ovale magnifique apparait à travers la brume qui se disperse. Sa superbe couleur turquoise cache une des eaux les plus acides du monde, car le volcan, encore actif, émet sous l’eau des gaz volcaniques en continu.
Nous sommes les seuls touristes, la vue est parfaite, le temple semble clément, nous décidons de suivre la flèche qui pointe vers l’intérieur du cratère, même si on peut y lire l’interdiction formelle d’y descendre.
Au bout de quelques pas, nous distinguons ce qu’il se passe aux abords du lac. Ce que nous avions pris pour de la brume est en fait une vapeur épaisse émise par de gros tuyaux autour desquels s’affairent une vingtaine d’hommes. C’est le soufre qui, sortant de terre à l'état gazeux, se refroidit et se liquéfie avant de se cristalliser rapidement en formant des concrétions jaunes et oranges de précieux minerai. Depuis des décennies, les habitants de la caldeira tirent leurs revenus de l’exploitation de ce minerai et ont optimisé ce procédé naturel en canalisant les vapeurs ce qui permet une cristallisation plus rapide et plus abondante.
Nous croisons les premiers « mineurs » qui remontent leur première fournée de soufre de la journée. Avec deux lourds paniers chargés de blocs de soufre en équilibre sur une épaule, ils gravissent lentement la pente qui les ramènera au sommet, le dos courbé par l’effort. En nous voyant, ils relèvent la tête, sourient, nous gratifient d’un bonjour sonore et demandent une cigarette ou un bonbon. Ils continueront ensuite leur chemin jusqu’au camp de base, la cantine, où ils pourront peser leur chargement (qui fait normalement entre 60 et 80 kilos !).
Arrivés aux abords du lac, l’odeur de soufre nous oblige à nous couvrir le visage de nos écharpes. Certains ouvriers ont même des masques à gaz, tentant de minimiser l’impact nocif d’un tel environnement sur leurs muqueuses. Attelés à briser de gros blocs de soufre, ils ne prêtent pas attention à nous, mais nous n’avons pas besoin de leurs conseils pour savoir quand rebrousser chemin après nous être aventurés dans l’épais brouillard chimique qui règne ici.
Même un peu à l’écart de l’activité, histoire de pouvoir respirer un peu, le spectacle auquel nous assistons est incroyable. Le bleu irréel du lac, le jaune vif du soufre, la fumée qui part pour mieux revenir, et ces hommes accroupis au milieu. Nous admirons cette volonté et cette force physique dont ils font preuve à chaque instant pour extraire manuellement leur gagne-pain.
En remontant derrière eux, nous pourrons lire la douleur qui se lit parfois sur leur visage avant cet éclat de fierté quand arrive la pesée.
Comment aller au Ijen Crater ?
Si vous venez de Bali en bateau (de Gilimanuk), après les 30 minutes de traversée (départ toutes les 15/30 minutes 24h/24, 7j/7 – 20 000 Rp), vous arriverez à Ketapang. N’oubliez pas qu’il y a une heure de décalage horaire entre Bali et Java (1h de plus à Java).
Sachez que, de Bali, vous pouvez directement acheter un billet de bus dans une agence en choisissant votre ville d’arrivée, ce ticket comprendra le trajet en ferry et les différents transferts. Sachez également que toutes les agences de Bali proposent des excursions à Java dans lesquelles se trouve parfois le Ijen Crater.
Une fois à Ketapang/Banyuwangi, l’Ijen Crater ne semble plus être très loin. En effet, la route qui passe par Lincin et Jambu ne fait que 38 km. Le hic c’est que les derniers kilomètres sont en très mauvais état. Si en 4x4 (500 000 Rp aller-retour) le trajet sera moins difficile, il est possible de le faire en bemo (de la gare, prendre un bemo Lin 3 pour Sasak Perot – 3000 Rp – puis un Colt pour Jambu – 8000 Rp – d’où vous prendrez un 2 roues pour Patulding – 100 000 Rp aller retour).
Tous les hôtels de Ketapang/Bayuwangi proposent l’excursion, à vous de comparer les prix.
Néanmoins, la route qui passe par Bondowoso, malgré ses 70 km, est souvent la plus conseillée :
Du terminal de Ketapang (bemo depuis le port 2000 Rp + entrée payante), prenez un bus (compagnie recommandée : Patas) pour Situbondo (2h de trajet – 30 000 Rp).
De là, prenez un minibus pour Wonosari d’où vous pourrez trouver un moyen de locomotion (bemo ou autre) pour Sempol où vous pourrez passer la nuit (à l’Arabica Homestay par exemple, pension rudimentaire mais sympathique pour une courte nuit au milieu des plantations de café, 125 000 Rp la chambre double avec petit déjeuner, contact : +628113505881 ou +6281336130476). Demandez-leur de vous aider à organiser votre transport pour le lendemain matin jusqu’à Patulding (A 13 km, comptez 100 000 Rp l’aller retour en 2 roues) d’où part le sentier qui mène au cratère.
Une solution plus simple mais qui a pour inconvénient de ne pas passer la nuit sur le plateau (et donc d’être encore à 3 h de route – 70 km – de Patulding) : de Situbondo, prenez un bus pour Bondowoso où vous passerez la nuit (au Baru Hotel, Jl. JL. Kartini 26) d’où vous pourrez organiser votre transfert jusqu’à Patulding (175 000 Rp en 2 roues, 600 000 Rp en jeep).
Si vous venez de Surabaya (180 km – 4/5 h – 25 000 Rp) ou de Probolinggo (100 km), vous pouvez rejoindre Bondowoso en bus d’où vous pourrez prendre un minibus (compagnie ELF – 3h 15 000 Rp – attention les bus s’arrêtent tôt dans l’après-midi) pour Sempol où vous pourrez passer la nuit à l’Arabica Homestay (voir plus haut).
Toutes les agences de Surabaya proposent des excursions au Ijen Crater (au départ de Surabaya, mais aussi de Yogyakarta ou de Ketapang). Nous vous recommandons chaudement PT. Java Discovery (http://javadiscovery.com/ - Merapi Park Estate 3rd Fl. suite 615, 33 Bougenville Road - + 628121586996). Hyper disponibles, ils travaillent même le dimanche, sont joignables par texto et propose des tours privés designés selon vos besoins pour des tarifs tout à fait raisonnables. A titre d’exemple pour 2 personnes en tour privé : Pick up à l’aéroport de Surabaya + trajet jusqu’à Sempol + hôtel + 4x4 jusqu’à Ijen + trajet jusqu’au Bromo + hôtel + 4x4 jusqu’au volcan + trajet retour Surabaya + tickets de train pour Yogyakarta + les entrées des sites = 298 $.
Depuis Yogyakarta, vous trouverez de nombreuses tours organisés 2J/3N qui permettent de combiner le Bromo et Ijen avant de rallier la côte pour par exemple un transfert à Bali. Ces dernières ne sont pas très couteuses (à partir de 50 euros par personne) et de nombreux voyageurs optent pour cette solution.
Nous accédons au sommet du volcan à 2 400 mètres d’altitude par un sentier boisé qui serpente dans la nuit. Il est 4h30 du matin quand nous entamons l’ascension, car nous savons que les volcans aiment à s’enrober de brume au fur et à mesure de la journée. Cette mise en jambe d’1h30 nous permet de voir l’aube pointer le bout de son nez amenant avec elle les sommets de volcans voisins en panorama, le chant des oiseaux en bande-son, et les premiers travailleurs en compagnons de route.
Lorsque nous arrivons en haut, le soleil est en train de franchir le rebord du cratère. Nous découvrons cette immense ouverture aux parois ravinées avec stupéfaction. Au fond de l’entonnoir désertique de gris et de blanc vêtu, un lac ovale magnifique apparait à travers la brume qui se disperse. Sa superbe couleur turquoise cache une des eaux les plus acides du monde, car le volcan, encore actif, émet sous l’eau des gaz volcaniques en continu.
Nous sommes les seuls touristes, la vue est parfaite, le temple semble clément, nous décidons de suivre la flèche qui pointe vers l’intérieur du cratère, même si on peut y lire l’interdiction formelle d’y descendre.
Au bout de quelques pas, nous distinguons ce qu’il se passe aux abords du lac. Ce que nous avions pris pour de la brume est en fait une vapeur épaisse émise par de gros tuyaux autour desquels s’affairent une vingtaine d’hommes. C’est le soufre qui, sortant de terre à l'état gazeux, se refroidit et se liquéfie avant de se cristalliser rapidement en formant des concrétions jaunes et oranges de précieux minerai. Depuis des décennies, les habitants de la caldeira tirent leurs revenus de l’exploitation de ce minerai et ont optimisé ce procédé naturel en canalisant les vapeurs ce qui permet une cristallisation plus rapide et plus abondante.
Nous croisons les premiers « mineurs » qui remontent leur première fournée de soufre de la journée. Avec deux lourds paniers chargés de blocs de soufre en équilibre sur une épaule, ils gravissent lentement la pente qui les ramènera au sommet, le dos courbé par l’effort. En nous voyant, ils relèvent la tête, sourient, nous gratifient d’un bonjour sonore et demandent une cigarette ou un bonbon. Ils continueront ensuite leur chemin jusqu’au camp de base, la cantine, où ils pourront peser leur chargement (qui fait normalement entre 60 et 80 kilos !).
Arrivés aux abords du lac, l’odeur de soufre nous oblige à nous couvrir le visage de nos écharpes. Certains ouvriers ont même des masques à gaz, tentant de minimiser l’impact nocif d’un tel environnement sur leurs muqueuses. Attelés à briser de gros blocs de soufre, ils ne prêtent pas attention à nous, mais nous n’avons pas besoin de leurs conseils pour savoir quand rebrousser chemin après nous être aventurés dans l’épais brouillard chimique qui règne ici.
Même un peu à l’écart de l’activité, histoire de pouvoir respirer un peu, le spectacle auquel nous assistons est incroyable. Le bleu irréel du lac, le jaune vif du soufre, la fumée qui part pour mieux revenir, et ces hommes accroupis au milieu. Nous admirons cette volonté et cette force physique dont ils font preuve à chaque instant pour extraire manuellement leur gagne-pain.
En remontant derrière eux, nous pourrons lire la douleur qui se lit parfois sur leur visage avant cet éclat de fierté quand arrive la pesée.
Comment aller au Ijen Crater ?
Si vous venez de Bali en bateau (de Gilimanuk), après les 30 minutes de traversée (départ toutes les 15/30 minutes 24h/24, 7j/7 – 20 000 Rp), vous arriverez à Ketapang. N’oubliez pas qu’il y a une heure de décalage horaire entre Bali et Java (1h de plus à Java).
Sachez que, de Bali, vous pouvez directement acheter un billet de bus dans une agence en choisissant votre ville d’arrivée, ce ticket comprendra le trajet en ferry et les différents transferts. Sachez également que toutes les agences de Bali proposent des excursions à Java dans lesquelles se trouve parfois le Ijen Crater.
Une fois à Ketapang/Banyuwangi, l’Ijen Crater ne semble plus être très loin. En effet, la route qui passe par Lincin et Jambu ne fait que 38 km. Le hic c’est que les derniers kilomètres sont en très mauvais état. Si en 4x4 (500 000 Rp aller-retour) le trajet sera moins difficile, il est possible de le faire en bemo (de la gare, prendre un bemo Lin 3 pour Sasak Perot – 3000 Rp – puis un Colt pour Jambu – 8000 Rp – d’où vous prendrez un 2 roues pour Patulding – 100 000 Rp aller retour).
Tous les hôtels de Ketapang/Bayuwangi proposent l’excursion, à vous de comparer les prix.
Néanmoins, la route qui passe par Bondowoso, malgré ses 70 km, est souvent la plus conseillée :
Du terminal de Ketapang (bemo depuis le port 2000 Rp + entrée payante), prenez un bus (compagnie recommandée : Patas) pour Situbondo (2h de trajet – 30 000 Rp).
De là, prenez un minibus pour Wonosari d’où vous pourrez trouver un moyen de locomotion (bemo ou autre) pour Sempol où vous pourrez passer la nuit (à l’Arabica Homestay par exemple, pension rudimentaire mais sympathique pour une courte nuit au milieu des plantations de café, 125 000 Rp la chambre double avec petit déjeuner, contact : +628113505881 ou +6281336130476). Demandez-leur de vous aider à organiser votre transport pour le lendemain matin jusqu’à Patulding (A 13 km, comptez 100 000 Rp l’aller retour en 2 roues) d’où part le sentier qui mène au cratère.
Une solution plus simple mais qui a pour inconvénient de ne pas passer la nuit sur le plateau (et donc d’être encore à 3 h de route – 70 km – de Patulding) : de Situbondo, prenez un bus pour Bondowoso où vous passerez la nuit (au Baru Hotel, Jl. JL. Kartini 26) d’où vous pourrez organiser votre transfert jusqu’à Patulding (175 000 Rp en 2 roues, 600 000 Rp en jeep).
Si vous venez de Surabaya (180 km – 4/5 h – 25 000 Rp) ou de Probolinggo (100 km), vous pouvez rejoindre Bondowoso en bus d’où vous pourrez prendre un minibus (compagnie ELF – 3h 15 000 Rp – attention les bus s’arrêtent tôt dans l’après-midi) pour Sempol où vous pourrez passer la nuit à l’Arabica Homestay (voir plus haut).
Toutes les agences de Surabaya proposent des excursions au Ijen Crater (au départ de Surabaya, mais aussi de Yogyakarta ou de Ketapang). Nous vous recommandons chaudement PT. Java Discovery (http://javadiscovery.com/ - Merapi Park Estate 3rd Fl. suite 615, 33 Bougenville Road - + 628121586996). Hyper disponibles, ils travaillent même le dimanche, sont joignables par texto et propose des tours privés designés selon vos besoins pour des tarifs tout à fait raisonnables. A titre d’exemple pour 2 personnes en tour privé : Pick up à l’aéroport de Surabaya + trajet jusqu’à Sempol + hôtel + 4x4 jusqu’à Ijen + trajet jusqu’au Bromo + hôtel + 4x4 jusqu’au volcan + trajet retour Surabaya + tickets de train pour Yogyakarta + les entrées des sites = 298 $.
Depuis Yogyakarta, vous trouverez de nombreuses tours organisés 2J/3N qui permettent de combiner le Bromo et Ijen avant de rallier la côte pour par exemple un transfert à Bali. Ces dernières ne sont pas très couteuses (à partir de 50 euros par personne) et de nombreux voyageurs optent pour cette solution.
Conseils pratiques
| Orientation | A l’extrême est de Java. Voir ci-dessus pour plus de précisions. |
| Equipement | Bonnes chaussures, coupe-vent, bouteille d’eau, foulard épais. Cigarettes ou bonbons si vous voulez pour les mineurs. |
| Budget | Prix d'entrée proche de 1 euro (15 000 Rp) |
| Autres | Vous pourrez acheter un petit animal sculpté dans le soufre ou tout simplement une petite stalagmite naturelle à un des mineurs. |
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