
AMÉRIQUE DU SUD - PARAGUAY - ENCARNACIÓN
Les missions jésuites du Paraguay
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Posté le 17/11/2009
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La plupart des voyageurs effectuent une étape entre Buenos Aires et les chutes d’Iguazu à la mission jésuite de San Ignacio Mini en Argentine, une des plus connues, car une des mieux conservées et des mieux promues. Mais il faut savoir que cette région d’Amérique du Sud n’en compte pas moins d’une trentaine dont 7 sont classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Sur ces dernières, deux se trouvent au Paraguay et permettent en plus d’effectuer une petite escapade de ce côté de la frontière (quand on vient d’Argentine par exemple), de découvrir des sites à l’écart des grandes routes touristiques où vous serez probablement tout seul à admirer des vestiges de cette utopie qu’ont été les missions jésuites du XVIIe et XVIIIe siècle
Pouvant s’enorgueillir de n’avoir aucun équivalent dans l’Histoire, ces dernières ne furent pas simplement que des missions catholiques, mais formèrent un véritable État théocratique gouverné par les Jésuites eux-mêmes et organisé d’une manière complètement différente que celle utilisée jusque-là par les colons espagnols.
Remarquant une certaine ressemblance entre les croyances des hommes qui vivaient sur ces terres, les Guaranis, et leur message évangélique (notamment à propos des prédictions de fin du monde et d’une idée de paradis), Les Jésuites en conclurent que ce peuple avait été évangélisé par Saint Thomas miraculeusement ressuscité pour l’occasion (et qui serait le Pay Zumé des mythes guaranis). Utilisant alors les arts et la musique pour véhiculer leurs idées, ils parvinrent à dialoguer avec les Indiens et à organiser leur quotidien au sein des réductions autour de la religion et des tâches quotidiennes.
Les missions Jésuites atteignent leur apogée dans la première moitié du XVIIIe siècle, avec 140 000 Indiens catholiques dans environ trente missions, elles possèdent une force armée et sont économiquement très prospères.
Visiter les ruines de la réduction de Santísima Trinidad de Paraná (fondée en 1706) et de celle Jesuítica de Jesús de Tavarangüe (en 1685) permet de s’intéresser à ce pan de l’histoire coloniale et d’imaginer la vie menée à l’époque par les jésuites et leurs ouailles à l’écart du monde.
- Santísima Trinidad de Paraná -
Entre le bleu du ciel et le vert de la végétation, les ruines rouges de la mission semblent sortir tout droit de la terre de la région qui a elle aussi cette couleur si particulière.
Nous avons le site pour nous tout seuls ! Le Paraguay ne fait pas partie des pays les plus visités d’Amérique du Sud – c’est le moins qu’on puisse dire -, les ruines de Trinidad et de Jesus sont situées à l’extrême sud du pays et donc loin des villes principales, il fait une chaleur à crever et peut-être faut-il aussi s’avouer que tout le monde s’en fout des ruines jésuites. Qu’à cela ne tienne, notre plaisir d’Indiana Jones en herbe n’en est que décuplé.
Il est si rare de se retrouver sur un site historique qui ne soit pas pollué par les vendeurs de souvenirs et que ses moindres recoins soient complètement accessibles sans aucune surveillance.
S’organisent autour d’une place principale (ou plutôt d’un champ à l’heure qu’il est) les restes de l’église, des maisons des indigènes et des religieux, des ateliers de fabrication, du potager, du cloître et du cimetière. On se balade le long des murailles, on rentre dans les cryptes, on monte au sommet de la tour, on passe un temps fou à s’émerveiller devant les sculptures entreposées telles quelles dans un mini musée (quelques étagères aux étiquettes passées). La vision de cet ensemble si harmonieux et complètement vide, ainsi que l’observation des décorations architecturales à mi-chemin entre le monde chrétien et le monde indien font de la visite de Trinidad une expérience inoubliable.
- Jesús de Tavarangüe -
À une dizaine de km de Trinidad se trouve cette autre mission, classée également au Patrimoine mondial de l’Humanité. Plus petite en terme de taille, elle est moins impressionnante, mais est mieux conservée du fait d’avoir été construite peu de temps avant la fuite précipitée de l’ordre.
En effet, en 1750, le traité des Limites signé entre l’Espagne et le Portugal cède une grande partie des réductions Jésuites au Portugal dont le premier ministre est un des ennemis les plus féroces de l’ordre jésuite. Il fait évacuer sept des missions au même moment où une révolte nait chez les Guaranis. Les Jésuites sont définitivement expulsés en 1767 avant d'être officiellement supprimés par le pape Clément XIV en 1773.
Il y a 5 autres missions au Paraguay le long de la Ruta 1: San Cosme y San Damián, Santiago, Santa Rosa de Lima, Santa María de Fe and San Ignacio Guazú.
Pour aller au Paraguay depuis Posadas en Argentine :
Prendre un bus qui part du terminal et qui traverse toute la ville (reconnaissable à l’inscription Posadas – Encarnación) qui coûte 4 pesos. Le bus s’arrête une première fois à la douane argentine, tout le monde en descend en courant pour se faire tamponner sa pièce d’identité en espérant pouvoir remonter dans le même bus.
Si le douanier est un peu lent ou que vous vous êtes fait marcher dessus : pas de soucis, il vous suffit d’attendre le prochain (il y en a toutes les 15 minutes) dans lequel vous pourrez monter avec le même ticket.
Le bus s’arrête ensuite une seconde fois, pour la douane paraguayenne, et n’attend personne cette fois-ci. Allez vous faire tamponner, puis passez à l’office du tourisme qui se trouve juste en face des guichets de douanes. Le personnel vous donnera un plan de la ville d’ Encarnación, vous expliquera comment aller aux missions et vous dira où changer vos pesos argentins pour des Guaranis (prévoyez au moins 100 pesos pour 2, environ 120 000 guaranis – demandez des petites coupures si possible).
Reprenez ensuite le bus suivant (toujours le même Posadas-Encarnacion) avec toujours le même ticket, celui-ci vous mènera jusqu’au terminal de bus de la ville où vous trouverez un bus pour Trinidad (5000 guaranis par personne).
Une heure après, le bus vous dépose à l’entrée de la ville (il y a un gros panneau sur la droite où les ruines sont dessinées, mais sinon dites au chauffeur de vous prévenir), il suffit de remonter l’allée pavée jusqu’au bout, les ruines sont là.
Si vous désirez ensuite vous rendre aux ruines de Jesus, à une dizaine de km de là, sachez que le taxi est la meilleure solution (5000 guaranis par personne l’aller si le taxi est plein). Sinon, le micro (4000 guaranis par personne) se prend au croisement qui se trouve quelques mètres sur la droite quand on ressort du village de Trinidad, et est sensé passer toutes les heures.
Et c’est la même au retour.
Sur ces dernières, deux se trouvent au Paraguay et permettent en plus d’effectuer une petite escapade de ce côté de la frontière (quand on vient d’Argentine par exemple), de découvrir des sites à l’écart des grandes routes touristiques où vous serez probablement tout seul à admirer des vestiges de cette utopie qu’ont été les missions jésuites du XVIIe et XVIIIe siècle
Pouvant s’enorgueillir de n’avoir aucun équivalent dans l’Histoire, ces dernières ne furent pas simplement que des missions catholiques, mais formèrent un véritable État théocratique gouverné par les Jésuites eux-mêmes et organisé d’une manière complètement différente que celle utilisée jusque-là par les colons espagnols.
Remarquant une certaine ressemblance entre les croyances des hommes qui vivaient sur ces terres, les Guaranis, et leur message évangélique (notamment à propos des prédictions de fin du monde et d’une idée de paradis), Les Jésuites en conclurent que ce peuple avait été évangélisé par Saint Thomas miraculeusement ressuscité pour l’occasion (et qui serait le Pay Zumé des mythes guaranis). Utilisant alors les arts et la musique pour véhiculer leurs idées, ils parvinrent à dialoguer avec les Indiens et à organiser leur quotidien au sein des réductions autour de la religion et des tâches quotidiennes.
Les missions Jésuites atteignent leur apogée dans la première moitié du XVIIIe siècle, avec 140 000 Indiens catholiques dans environ trente missions, elles possèdent une force armée et sont économiquement très prospères.
Visiter les ruines de la réduction de Santísima Trinidad de Paraná (fondée en 1706) et de celle Jesuítica de Jesús de Tavarangüe (en 1685) permet de s’intéresser à ce pan de l’histoire coloniale et d’imaginer la vie menée à l’époque par les jésuites et leurs ouailles à l’écart du monde.
- Santísima Trinidad de Paraná -
Entre le bleu du ciel et le vert de la végétation, les ruines rouges de la mission semblent sortir tout droit de la terre de la région qui a elle aussi cette couleur si particulière.
Nous avons le site pour nous tout seuls ! Le Paraguay ne fait pas partie des pays les plus visités d’Amérique du Sud – c’est le moins qu’on puisse dire -, les ruines de Trinidad et de Jesus sont situées à l’extrême sud du pays et donc loin des villes principales, il fait une chaleur à crever et peut-être faut-il aussi s’avouer que tout le monde s’en fout des ruines jésuites. Qu’à cela ne tienne, notre plaisir d’Indiana Jones en herbe n’en est que décuplé.
Il est si rare de se retrouver sur un site historique qui ne soit pas pollué par les vendeurs de souvenirs et que ses moindres recoins soient complètement accessibles sans aucune surveillance.
S’organisent autour d’une place principale (ou plutôt d’un champ à l’heure qu’il est) les restes de l’église, des maisons des indigènes et des religieux, des ateliers de fabrication, du potager, du cloître et du cimetière. On se balade le long des murailles, on rentre dans les cryptes, on monte au sommet de la tour, on passe un temps fou à s’émerveiller devant les sculptures entreposées telles quelles dans un mini musée (quelques étagères aux étiquettes passées). La vision de cet ensemble si harmonieux et complètement vide, ainsi que l’observation des décorations architecturales à mi-chemin entre le monde chrétien et le monde indien font de la visite de Trinidad une expérience inoubliable.
- Jesús de Tavarangüe -
À une dizaine de km de Trinidad se trouve cette autre mission, classée également au Patrimoine mondial de l’Humanité. Plus petite en terme de taille, elle est moins impressionnante, mais est mieux conservée du fait d’avoir été construite peu de temps avant la fuite précipitée de l’ordre.
En effet, en 1750, le traité des Limites signé entre l’Espagne et le Portugal cède une grande partie des réductions Jésuites au Portugal dont le premier ministre est un des ennemis les plus féroces de l’ordre jésuite. Il fait évacuer sept des missions au même moment où une révolte nait chez les Guaranis. Les Jésuites sont définitivement expulsés en 1767 avant d'être officiellement supprimés par le pape Clément XIV en 1773.
Il y a 5 autres missions au Paraguay le long de la Ruta 1: San Cosme y San Damián, Santiago, Santa Rosa de Lima, Santa María de Fe and San Ignacio Guazú.
Pour aller au Paraguay depuis Posadas en Argentine :
Prendre un bus qui part du terminal et qui traverse toute la ville (reconnaissable à l’inscription Posadas – Encarnación) qui coûte 4 pesos. Le bus s’arrête une première fois à la douane argentine, tout le monde en descend en courant pour se faire tamponner sa pièce d’identité en espérant pouvoir remonter dans le même bus.
Si le douanier est un peu lent ou que vous vous êtes fait marcher dessus : pas de soucis, il vous suffit d’attendre le prochain (il y en a toutes les 15 minutes) dans lequel vous pourrez monter avec le même ticket.
Le bus s’arrête ensuite une seconde fois, pour la douane paraguayenne, et n’attend personne cette fois-ci. Allez vous faire tamponner, puis passez à l’office du tourisme qui se trouve juste en face des guichets de douanes. Le personnel vous donnera un plan de la ville d’ Encarnación, vous expliquera comment aller aux missions et vous dira où changer vos pesos argentins pour des Guaranis (prévoyez au moins 100 pesos pour 2, environ 120 000 guaranis – demandez des petites coupures si possible).
Reprenez ensuite le bus suivant (toujours le même Posadas-Encarnacion) avec toujours le même ticket, celui-ci vous mènera jusqu’au terminal de bus de la ville où vous trouverez un bus pour Trinidad (5000 guaranis par personne).
Une heure après, le bus vous dépose à l’entrée de la ville (il y a un gros panneau sur la droite où les ruines sont dessinées, mais sinon dites au chauffeur de vous prévenir), il suffit de remonter l’allée pavée jusqu’au bout, les ruines sont là.
Si vous désirez ensuite vous rendre aux ruines de Jesus, à une dizaine de km de là, sachez que le taxi est la meilleure solution (5000 guaranis par personne l’aller si le taxi est plein). Sinon, le micro (4000 guaranis par personne) se prend au croisement qui se trouve quelques mètres sur la droite quand on ressort du village de Trinidad, et est sensé passer toutes les heures.
Et c’est la même au retour.
Conseils pratiques
| Orientation | Trinidad est à 28 km au nord de la ville de Encarnación (le long de la ruta 6), Jesus 12 km plus loin. |
| Equipement | Chapeau, crème solaire et eau. |
| Budget | 3,5 euros pour un pass Trinidad, Jesus et Cosme y Damian valable 3 jours. |
| Autres | De 7 h à 19 h en été, 17h30 l’hiver. L’été spectacle sons et lumières le soir en week-end à Trinidad. Visite guidée sur demande. |
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