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Fiesta de la Virgen de la Candelaria

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Posté le 22/02/2010 - signaler un abus
Arequipa
15°
Le mois de février est un mois de fête dans toute l’Amérique du Sud. À Puno, au Pérou, capitale folklorique du pays, se déroule une des plus grandes fiestas du continent autour de la date du 2 février. 150 groupes folkloriques venus de tout le département s’y donnent rendez-vous pour célébrer à grand renfort de danses et de musique la Virgen de la Candelaria.

Les origines du culte de cette dernière sont particulièrement complexes, car intrinsèquement liées aux croyances autochtones. Selon les légendes, la Vierge serait apparue sur le lac Titicaca, une origine semblable aux deux premiers Incas fondateurs de Cuzco et de l’Empire, ou serait venue en aide aux mineurs de Laykakota s’associant ainsi à la Pachamama. Son surnom affectueux de « Mamita Candelaria » (Petite Maman Chandeleur) symbolise à la perfection ce syncrétisme. Devenue la Sainte Patronne de la Ville après l’accomplissement de différents miracles (dont la protection des la ville pendant l’insurrection de Tupac Amaru II à la fin du XVIIIe siècle), elle est aujourd’hui honorée à l’occasion de cette espèce de pré-carnaval démentiel qu’est la Fiesta de la Virgen de la Candelaria.

Honorer n’est surement pas un verbe suffisamment fort pour décrire ce qu’il se passe lorsque 30 000 danseurs, 8 000 musiciens et des milliers de spectateurs envahissent la petite ville de Puno. Si la date du 2 février est la date officielle, les festivités durent en réalité plus d’une quinzaine de jours, jusqu’à l’épuisement total des participants. Les processions les plus importantes ont bien évidemment lieu le week-end et des gradins sont érigés dans la rue principale pour l’occasion, mais de jour comme de nuit, chaque jour de la semaine est l’occasion de nouvelles passacailles (une marche joyeuse presque dansée) et de nouvelles batailles d’eau et d’espuma (sorte de bombe à neige).

Nous y étions pour le week-end de la deuxième semaine, semaine qui a pour particularité de mettre à l’honneur les groupes en « habits de lumière ». Représentant les différents quartiers de la ville, ils ont passé plusieurs mois à préparer leurs costumes et leur chorégraphie. Accompagnés chacun par une fanfare, ils avancent en dansant sans cesse sollicités par les spectateurs qui leur offrent quelque chose à boire, leur demandent de prendre la pause le temps d’une photo ou les bombardent d’espuma. La cohue est incroyable, car la foule trop importante déborde souvent sur le cortège. Entre chaque passage, la rue redevient le champ de bataille des petits (et des grands) tandis qu’au milieu de tout ça les vendeurs ambulants proposent tout et n’importe quoi en criant.

Si les groupes ont rivalisé dans le stade de la ville à l’occasion d’un grand concours, leur énergie n’en est pas diminuée et ils continuent de donner dans la rue le meilleur d’eux-mêmes, fiers de parader, emplis de foi, mais aussi d’alcool. Les hommes sont vêtus de costumes plus impressionnants les uns que les autres : certains ont les épaules chargées d’épaisses carapaces brodées, d’autres se dissimulent derrière de gigantesques masques qui pourraient être d’inspiration chinoise, d'autres encore portent des santiags recouvertes de gros grelots. Les femmes elles se divisent en deux catégories : les plus vieilles ont mis leurs habits traditionnels, froufrous de jupons, châles et cheveux nattés, les plus jeunes ont misé sur des plateformes boots scintillantes et jupettes ultra-courtes assorties. Cette explosion de couleurs, de paillettes, de débauches d’accessoires dure jusque tard dans la nuit au rythme des tambours et des cuivres.

Pendant que tout le monde est à la fête, la vierge est ramenée dans son sanctuaire, lentement à travers les ruelles, sur son palanquin recouvert de fleurs que portent notables et militaires. Au fur et à mesure qu’elle remonte les rues, la foule qui l’accompagne grandit (sans toutefois rivaliser avec celle qui se presse autour des danseurs) et entame quelques chants pieux. Une autre façon d’exprimer sa ferveur.

Conseils pratiques

Orientation Dans tout Puno, au bord du lac Titicaca. La Vierge est célébrée aux mêmes dates dans le reste du pays et en Bolivie (particulièrement à Copacabana)
Equipement Pistolet à eau / bombe à espuma si vous avez envie de vous lancer dans la bataille. Un imper sinon c’est utile, et une protection pour votre appareil photo.
Budget La plupart des sièges dans les gradins sont gratuits.
Autres Calendrier : http://www.larousse....
Puno, Pérou

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